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François et Pierre De Grandi dans l’ancien atelier de leur père, Italo De Grandi, à Corseaux.
© François Wavre / Lundi13

Beaux-arts

Une villa-musée pour redécouvrir Italo et Vincent De Grandi

Les deux peintres vaudois d’origine italienne seront célébrés dès septembre à Corseaux. Pierre et François De Grandi ouvrent en exclusivité pour «Le Temps» les portes de la maison qu’ils sont en train de transformer en espace d’exposition

Ils reçoivent dans la villa familiale où ils ont passé quelques belles années de leur enfance. Construite en deux étapes en 1939 et 1945, la maison évoque par ses lignes géométriques et ses volumes savamment encastrés l’architecture moderne de Le Corbusier. Logique: elle a été conçue par l’architecte italien Alberto Sartoris, cofondateur avec le Chaux-de-Fonnier, en 1928, des Congrès internationaux d’architecture moderne.

Niché au cœur de Corseaux, l’édifice a été réalisé pour le peintre Italo De Grandi (1912-1988) autour d’un atelier occupant toute son aile ouest. Pierre et François De Grandi, ses deux fils, ne cachent pas leur émotion au moment de faire visiter pour la première fois ce lieu protégé par les Monuments historiques et qu’ils sont en train de transformer en musée. L’Atelier De Grandi rendra hommage non seulement à Italo, mais aussi à Vincent De Grandi (1916-2010), artiste lui aussi. Ou quand deux frères en célèbrent deux autres.

Famille piémontaise

Afin de mener à bien ce projet, Pierre et François De Grandi ont fondé en octobre dernier l’Association des amis de l’Atelier De Grandi, dirigée par un comité bénévole placé sous la présidence du premier, ancien chirurgien et professeur, directeur médical du CHUV de 1995 à 2007. François De Grandi, architecte et chorégraphe féru de design – qu’il pratique et enseigne en autodidacte – explique s’être lancé dans cette aventure avec son frère en 2012, à la suite d’une exposition consacrée par la galerie Plexus de Chexbres à Italo et Vincent. «Voir le travail de notre père et de notre oncle montré côte à côte et attirer un large public, dont beaucoup de jeunes appréciant son côté calme et apaisé, loin de l’exubérance d’un Basquiat, par exemple, nous a alors donné envie de leur offrir un lieu d’exposition permanent», raconte Pierre De Grandi.

C’est alors, par un joyeux concours de circonstances, que les locataires occupant la villa Sartoris de Corseaux leur annoncent leur départ. Transformer l’ancien atelier d’Italo en espace muséal, l’occasion était trop belle pour ne pas la saisir.

Nés d’un couple d’artisans tailleurs originaire du Piémont, Italo et Vincent De Grandi ont vécu à Vevey puis à Corseaux, tout en restant profondément attachés au petit village de Soriso, dans la région du lac d’Orta, où la famille passe ses vacances. Alors que de nombreux peintres installés sur les bords du Léman n’auront de cesse de magnifier les pentes en terrasses du Lavaux et la splendeur parfois inquiétante du lac, les frères ont toujours été ostensiblement inspirés par l’Italie et les paysages méditerranéens. Avec toutefois cette différence notoire: si Italo a souvent travaillé in situ, Vincent, qui très jeune a perdu un œil suite à une méningite, a toujours peint de mémoire, préférant se référer à son imaginaire et ses souvenirs plutôt qu’à un paysage concret.

Expos temporaires

En 1936, trois ans après avoir exposé pour la première fois au Musée Jenisch, Italo De Grandi part avec son frère à Paris; ils y resteront deux ans, travaillant notamment pour l’Exposition universelle. En 1944, les frères ouvrent à Corseaux un bureau d’arts graphiques. Ils s’attellent à la conception d’affiches, de posters, d’étiquettes et emballages divers qui leur valent, comme leurs sérigraphies, une belle réputation. Ce travail graphique pourrait d’ailleurs faire l’objet d’un accrochage à l’Atelier De Grandi. Car la volonté des fils et neveux de la fratrie est de renouveler régulièrement l’exposition afin de mettre en valeur le travail d’Italo et de Vincent à travers des thématiques, motifs et techniques communs.

Pierre et François De Grandi possèdent un millier de gouaches, huiles, fusains et dessins de leur père. Alors qu’ils n’ont qu’une cinquantaine d’œuvres de leur oncle, qui a arrêté de peindre à la mort de son frère. En marge de la mise en valeur de cet héritage familial, qui frappe par la pureté de ses motifs et la modernité de ses traits, les Vaudois souhaitent consacrer des expositions temporaires à d’autres artistes régionaux tombés dans un relatif oubli, comme Gérard de Palézieux, Casimir Reymond ou François de Ribaupierre. L’Atelier De Grandi sera inauguré le 5 septembre.

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