Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire

«Once upon a time»

Une ville américaine réenchantée

La série «Once Upon a Time», qui conte les luttes des notables d’une ville aujourd’hui et dans un passé féerique, constitue un divertissement familial malin

Genre: DVD
Qui ? Série créée par Adam Horowitz et Edward Kitsis (dès 2011)
Titre: Once Upon a Time
Chez qui ? ABC

Il était une fois, donc. Un gamin de 10 ans aux réflexions plutôt avancées. Henry. Qui détient un livre de contes aux histoires particulières. Et qui débarque un jour à Boston, chez Emma Swan, en lui disant tout de go qu’il est son fils. En mauvaise passe, Emma avait en effet confié son enfant à l’assistance, laquelle l’avait remis à Megan, la maire d’une cité des campagnes du Maine.

Emma suit Henry à Storybrooke, cette étonnante ville dans laquelle se jouent des batailles qui remontent aux temps féeriques. Chaque protagoniste de la cité, à commencer par les notables, tient de ses ancêtres de l’ère en principe révolue, celle où Blanche-Neige voulait fuir les actes cruels d’une sombre princesse en s’enfuyant avec le Prince charmant. Il y avait les sorciers, le duc malfaisant qui enrôlait de force garçons et filles pour servir à la guerre, et des personnages touchés, transformés par les pouvoir magiques de certaines apparitions. Mr Gold, le maître de la ville, en termes de richesse, a ainsi un passé de sorcier – et est incarné par Robert Carlyle, un coup de génie de la distribution.

Ce doit être dans l’air du temps. La même année, des scénaristes et producteurs américains lançaient deux séries sous forme de variations sur les anciens contes – surtout, comportant les héros et les créatures un peu patinées propres à ces histoires. Guerre de chaînes sur un terrain similaire, opposant NBC (Universal, filiale de l’opérateur Comcast) et ABC (Disney). Commandée par NBC, Grimm (LT du 20.04.2013) repose sur l’irruption, de nos jours, de goules, vampires et même d’un loup-garou repenti, détail qui apporte son piquant à l’ouvrage. Once Upon a Time, elle, entremêle passé fantaisiste et présent de la petite ville du Maine – soit dit en passant, dans les contrées de Stephen King.

Cette série créée par Adam Horowitz et Edward Kitsis assume son manichéisme sans nuance. Dans ce monde-là, il y a le bien et le mal, point final. Henry prend à sa charge le propos de la guerre perpétuelle des deux principes, en arguant, parfois pessimiste, que «le bien est toujours perdant parce qu’il respecte les règles. Contrairement au mal.» Pendant longtemps, il sera aussi le seul à être convaincu de la double couche temporelle dans laquelle se trouve Storybrooke: «Notre dimension ne peut pas être la seule», assène-t-il. Et comme il a réponse à tout, face au scepticisme de sa mère génétique, il poursuit: «Je sais que les adultes sont incrédules au départ, sinon ce ne serait pas une bonne histoire.» Imparable.

La bonne histoire sera donc le combat d’Emma contre Megan, mère adoptive et maire de la ville. L’homophonie en français, mère-maire, ne fournit pas qu’un jeu de mots, les fonctions de ce personnage se révèlent multiples. Certains feront sans doute une lecture psychologique de Once Upon a Time, posant la question de la représentation de la maternité dans la série. Mais en croisant l’ordinaire d’une ville où rien ne se passe et des époques quasi médiévales que l’Amérique n’a jamais connues, la série opère comme un modeste réenchantement de l’espace local. L’ennui – avant l’arrivée d’Emma, le temps était même arrêté à Storybrooke – ne fait que cacher les mystères et les malices imaginés par d’autres, naguère, plus portés sur le versant magique des choses. Par ses jeux temporels, Once Upon a Time ravit certains ados, et initie peut-être leurs parents curieux à cette narration en cours de sophistication qui charpente désormais la fiction TV américaine.

Publicité
Publicité

La dernière vidéo culture

Le performeur Yann Marussich se fait imprimer Le Temps sur le corps

Un soir à la rédaction du Temps. La salle de réunion est transformée en labo photo géant éclairé de rouge. Au milieu de la pièce, l'artiste Yann Marussich, rendu photosensible. Sur son corps nu se développent des titres du «Temps». 60 spectateurs assistent à l'expérience qui dure 45 minutes.

Le performeur Yann Marussich se fait imprimer Le Temps sur le corps

n/a
© Arnaud Mathier/Le Temps