Parcours en zigzag passant par les propositions les plus diverses. Où même les musées d'ethno et d'histoire naturelle sont des étapes de choix.

Kunstmuseum

Outre ses riches collections où le visiteur ne saurait manquer de passer devant Le Christ mort (1521) de Holbein le Jeune, juste pour le frisson, le Kunstmuseum de Bâle propose actuellement quatre expositions temporaires.

La première, consacrée à Soutine et le modernisme, relève combien l'artiste venu à Paris de sa Russie natale s'est tenu à l'écart des mouvements d'avant-garde. Mais elle montre aussi à quel point le besoin de se situer dans la tradition permet à Soutine de laisser libre cours à une peinture émotionnelle et visionnaire. Ses nombreux paysages de Céret (1919-21) sont d'une gestuelle qui chaloupe les compositions jusqu'à donner le mal de mer.

La deuxième est une exposition dossier, articulée autour du tableau Hommage à Blériot (1914) de Robert Delaunay. La restauration de cette grande toile, qui appartient à la collection du Kunstmuseum, vient d'être achevée. Et la luminosité puissante et veloutée de ses couleurs en ressort magnifiée. En regard, la composition, Prismes électriques (1914) de Sonia Delaunay, prêtée par le Centre Pompidou, lui donne une réplique chaleureuse. Différents travaux préparatoires, des œuvres de contemporains (Wassily Kandinsky, Luigi Russolo, Fernand Léger), ainsi qu'un film sur l'exploit de Blériot, accroissent le plaisir.

Le Kupferstichkabinett présente les gravures simples et pleines d'humour de Robert Therrien, artiste américain né en 1942. Et le Grafikkabinette les dessins de Jakob Schärer, Bâlois mort centenaire, aux visions aussi surréalistes que compulsives.

Soutine und die Moderne (jusqu'au 6 juillet). Robert Delaunay (jusqu'au 17 août). Robert Therrien (jusqu'au 7 septembre). Kunstmuseum (St. Alban-Graben 16, tél. 061/206 62 62, http://www.kunstmuseumbasel.ch). Durant la semaine du 2 au 8 juin lu-ma 10-17, me 9-20h, je 9-17h, ve-di 9-18h.

Kunsthalle

L'institution suit une politique pointue en montrant de jeunes artistes émergents. Elle ne déroge pas à cette ligne avec les sculptures d'Aleana Egan (née à Dublin en 1979): une immense et épaisse forme beige et rose, en ciment, ressemblant à un piano à queue posé au sol côté clavier, opposée à de fines structures en rubans métalliques ou en caoutchouc. Sculptures en dialogue vidéo avec des notions de paysages rugueux et de déprimes intérieures.

Jeune artiste turc (né en 1981), dont c'est la première exposition personnelle dans un musée, Ahmet Ögüt est un observateur malicieux des scènes cocasses de la rue autant qu'un décrypteur des signes du pouvoir et de la violence. Un univers marqué par les situations tendues du Moyen-Orient. Avec des dessins, installations, vidéos qui montrent qu'on peut très vite basculer d'un état à un autre.

Ahmet Ögüt - Mutual Issues, Inventive Acts. Aleana Egan - We sat down where we had sat before. Kunsthalle (Steinberg 7, tél. 061/ 206 99 00, http://www.kunsthalle basel.ch). Ma-ve 11-18h (je 20h30), sa-di 11-17h. Jusqu'au 8 juin.

Architekturmuseum

Voisin de la Kunsthalle, même adresse, le musée a conçu une exposition sur le retour de l'ornementation.

Re-Sampling Ornament (tél. 061/261 14 13, http://www.sam-basel. org). Ma-ve 11-18h (je 20h30), sa-di 11-17h. Jusqu'au 21 sept.

Museum Tinguely

Comment disputer la préséance aux enfants? La question se pose, certains jours, au Museum Tinguely. Surtout quand une exposition comme Art et Machines leur offre de participer aux productions. Parmi la quinzaine d'installations imaginées par Damien Hirst, Olafur Eliasson, Rebecca Horn ou Miltos Manetas, toutes n'en offrent pas l'occasion mais toutes soulèvent des interrogations sur la création ou le rôle de l'artiste.

Pour ceux que l'univers du sculpteur Jean Tinguely pousse à la curiosité, l'exposition de Joseph Imhof en dévoile quelques arcanes. Seppi, de son surnom, fut de nombreuses années l'assistant de Tinguely et son soudeur. En particulier sur la réalisation géante du Cyclop à Milly-la-Forêt. Depuis l'ouverture du musée à Bâle il a été le responsable de l'entretien des sculptures. Il vient de prendre sa retraite. Ciao Sepp rassemble donc des tas de souvenirs et rappelle la manière très expansive et associative de travailler de Jean Tinguely.

Une troisième exposition temporaire en rajoute sur cet état d'esprit et de comportements. Pavel Schmidt fut l'assistant de Daniel Spoerri. Et son propre travail est fait d'intrications et de confrontations diverses.

Kunstmaschinen. Maschinenkunst(jusqu'au 29 juin). Ciao Sepp (jusqu'au 10 août). P.S. Pavel Schmidt (jusqu'au 14 septembre). Museum Tinguely (Paul Sacher- Anlage 1, tél. 061/681 93 20). Ma-di 11-19h.

Schaulager

Les vastes espaces du Schaulager, à Münchenstein en banlieue sud, invitent à l'expansion. A côté des installations permanentes géantes de Robert Gober et sa cascade d'eau et les rats géants (Rattenkönig, 1993) de Katharina Fritsch, l'institution accueille les travaux de Monika Sosnowska - Andrea Zittel - 1:1. La mention 1:1 fait référence à l'échelle grandeur dans laquelle travaillent les deux artistes.

En particulier, la Polonaise Monika Sosnowska (née en 1972), qui propose aussi bien une poignée de porte moulée à l'empreinte de sa main qu'une immense structure métallique, genre halle de montage industriel, effondrée. Et, entre chute de plafond (Rubble, Gravats 2006-08) et Corridor (2006-08) qui bifurque de manière inopinée, ce n'est pas dépourvu d'humour.

Né en 1965 et vivant en Californie, Andrea Zittel met, depuis 1992, en formes et en images tout un univers de comportements et de gestions de vie à la fois communautaire, individuelle et écologique. Se préoccupant aussi bien des unités d'habitation, des vêtements que des aménagements pratiques. Une vision du futur nourrie de postures rétro; quand les grands espaces américains suscitaient les utopies des Quakers, des Mormons et jusqu'à l'architecte Frank Lloyd Wright.

Monika Sosnowska - Andrea Zittel - 1:1(jusqu'au 21 septembre). Schaulager (Ruchfeldstr. 19, Münchenstein, tél. 061/335 32 32, http://www.schaulager.org). Durant la semaine du 2 au 8 juin lu-ma et je-di 10-18h, me 12-18h.

Et encore...

La Fondation Beyeler, bien sûr, avec Fernand Léger. Paris-New York (lire en p. 40).

Le Museum Gegenwartskunst accueille une exposition d'installationsAbove-the-Fold. Ayse Erkmen, Ceal Floyer and David Lamelas.

Le [plug.in], son voisin, a invité Exonemo, un groupe d'artistes japonais férus d'art électronique.

Le Museum der Kulturen, musée d'ethno, s'est intéressé au Rouge - Une couleur qui bouge.

Le Naturhistorisches Museum, voisin du précédent, présente Animatus, les faux squelettes du Coréen Hyungkoo Lee.

L'Espace d'art contemporain Fernet Branca, à Saint-Louis en France voisine, propose une Rétrospective Serge Poliakoff.

Le Vitra Design Museum, à Weil am Rhein en Allemagne, avec Living Under the Crescent Moon, dresse un inventaire des arts domestiques arabes.

Le Palazzo à Liestal montre cinq jeunes peintres figuratifs autrichiens sous le jeu de mots, très psychanalytique, de Freud/e.