Ce n’est pas tous les jours qu’on peut claironner une découverte majeure dans le cinéma suisse. En voici une, certifiable. Pour les rares chanceux qui l’avaient vu de ce côté-ci de la Sarine, le premier essai du Zurichois Cyril Schäublin, Dene wos guet geit (2017, au titre laissé sans traduction alors qu’il signifie «ceux pour qui ça va bien»), tenait déjà du phénomène: un film autoproduit et doté d’un langage singulier mais pas du tout ennuyeux, tant il captait bien l’air du temps. Aujourd’hui, le cinéaste fait mieux que confirmer avec ce deuxième long métrage, tout aussi original dans sa forme: une évocation du vallon de Saint-Imier à la fin du XIXe siècle, haut lieu de l’anarchisme international, pleine d’échos surprenants avec aujourd’hui.