Les Urbaines sont donc de retour, après une année de pause pour se repenser, se restructurer, avec une fondation politico-culturelle pour chapeauter le festival lausannois. Tous les anciens participants n'ont pas suivi. Des nouveaux sont arrivés. Sur le papier, on est toujours dans l'émergence, la découverte, l'ouverture... Vérification.

Une des nouveautés, ce sont les parcours proposés d'un lieu à l'autre. Jeudi soir, il y en avait un qui s'appelait «le bouche-à-oreille». Départ tout en bas de la ville, à la galerie 1m3, où l'on peut plonger gratuitement avec son billet des TL téléchargé sur le site des Urbaines. Il est à peine 18h. Pas encore de visiteurs, les cannettes arrivent pour garnir le bar du vernissage. Au mur, il y a juste assez de place pour donner envie de découvrir plus d'images de l'espèce de cabinet de curiosités architecturales du Français Raphaël Zarka.

Deuxième étape: la galerie Lucy Mackintosh. Visiblement, «the place to be». Du monde, un ou deux directeurs de musée, de jeunes designers qui expliquent d'incroyables objets... On monte encore un peu dans Lausanne, juste sous les voies de chemin de fer, pour découvrir à Circuit un artiste mexicain, José León Cerrillo, dont les travaux semblent dialoguer avec ceux de Raphaël Zarka à 1m3. L'installation de Mika Tajima, joli travail sur le reflet, est encore tout épurée. Samedi, il y aura eu entre-temps une performance qui l'aura transformée, emplie de miroirs brisés...

Un peu de retard et voilà l'étape Sévelin du parcours qui saute. Direction la Galerie Basta. Ce petit sous-sol nous mène droit au Pôle Nord, d'où Ellie Ga envoie des messages. Elle fait partie des artistes présentés par le Dispatch Office, un duo de curateurs. Qui cohabitent avec les incroyables battes de baseball déchiquetées de l'Américain David Adamo.

Extase sonore et visuelle

Et voilà «le bouche-à-oreille» délaissé pour le parcours du «noctambule électronique». Direction le Romandie pour Siren. Avec une trentaine de tripodes équipés de haut-parleurs pivotants, l'Anglais Ray Lee transforme la salle décrépie de l'ancien cinéma en une cathédrale où l'on semble entendre des envolées de grandes orgues et de cloches au milieu d'ellipses de lumières rouges... (Encore trois séances, à 19h, 20h et 21h samedi.)

Final avec le parcours du «piéton poète», dans la salle chaleureuse du Bourg. Au milieu des volutes de fumée, Kutti MC slame en anglais et en Schwyzerdütsch. Avec lui, on est un peu à Zurich, avant que les «obsédés textuels» du collectif Boxon jouent en poésie avec la langue française. Ils content la touchante histoire de Jean-Philippe, qui chasse les poètes comme d'autres les acteurs de cinéma. Belle fin de soirée...

Les Urbaines, sa 8 déc. dans 13 lieux de Lausanne. Rens. http://www.urbaines.ch