La négociation de la dernière chance entre les partenaires sociaux qui gèrent le système d'assurance chômage français n'aura pas mis fin à la crise. Les trois syndicats (CFDT, CFTC, CFE-CGC) et les organisations patronales qui avaient signé le 26 juin dernier l'accord sur le régime d'assurance chômage des intermittents du spectacle se sont retrouvés hier au siège du Medef (Mouvement des entreprises de France) avec celles qui ne l'avaient pas signé (la CGT et FO, majoritaires dans ces professions). Elles y étaient sous l'injonction du ministre de la Culture qui a exigé que les signataires reprennent la discussion et introduisent un certain nombre de modifications, faute de quoi le gouvernement, qui n'a que le pouvoir d'agréer ou de refuser ces accords contractuels, ne donnerait pas son agrément.

Jean-Jacques Aillagon a posé plusieurs conditions: le maintien du système actuel jusqu'à la fin de l'année, une application progressive les deux années suivantes, et l'élargissement des activités prises en compte pour l'accès aux indemnités. Il a aussi demandé une lutte contre les abus qui déséquilibrent le système, et donné l'exemple en confiant au président de l'association des employeurs de l'audiovisuel public la mission de traquer les mauvais usages qui sont courants dans les radios et les télévisions nationales.

Avant même l'ouverture de la réunion, le président du Medef, Ernest-Antoine Sellière, s'est indigné de l'intervention du gouvernement, et s'est refusé à revenir sur les termes de l'accord. Il n'aura pourtant pas eu le choix, et il a fini par accepter les ajustements exigés. En vain, puisqu'à la sortie de la réunion, la CGT annonçait que ces modifications n'étaient pas suffisantes et appelait à la poursuite du mouvement jusqu'à une renégociation complète. Puisque le gouvernement n'a pas l'intention d'aller plus loin et ratifiera les accords, on ne voit pas ce qui pourra freiner l'action des intermittents et l'annulation de nombreux festivals.