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Valentine Godé-Darel sur son lit de malade, 1914.
© Wikimedia Commons

Une saison hodlérienne

Valentine et Ferdinand, couple jusqu’à la fin

Daniel de Roulet a consacré un beau petit texte à Ferdinand Hodler, en particulier à sa relation à sa maîtresse et mère de sa fille. Qu’il a peinte pendant son agonie

2018 marque le centenaire de la mort de Ferdinand Hodler. Chaque vendredi de l’été, «Le Temps» évoque des fragments de la vie de cet artiste complexe et passionnant.

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En avril dernier, l’écrivain romand Daniel de Roulet a proposé un beau texte d’hommage et de réflexion sur Ferdinand Hodler (Quand vos nuits se morcellent, Ed. Zoé). Sa question centrale est la relation du peintre à Valentine Godé-Darel, son modèle, sa maîtresse. Ce couple est entré dans l’histoire de l’art en raison des nombreux dessins et tableaux que l’artiste a consacrés à sa belle mourante. Valentine a été atteinte d’un cancer des ovaires. L’homme d’images l’a accompagnée en la figurant, inlassablement.

La rencontre de la passionnée et du taiseux

L’ouvrage de Daniel de Roulet a la forme d’une lettre à l’artiste, jusqu’à sa salutation finale, «avec mon admiration». C’est une petite promenade biographique croisée avec des souvenirs de l’écrivain. Au fil des pages, il raconte un peu la vie de son interlocuteur respecté. Avant d’en arriver à la passion triste de l’agonie, il esquisse quelques traits d’une vie puissante, par exemple lorsqu’il se souvient de la rencontre, à Paris en 1913, de Valentine et Ferdinand. Alors qu’il rêvassait sur la terrasse d’un café de Montmartre, elle lui a lancé: «Vous êtes peintre?»

D’entrée de jeu, elle a bousculé le bonhomme. La passionnante et passionnée Parisienne face au taiseux berno-genevois, de vingt ans son aîné. «Une fois par jour, mais pas davantage, Valentine vous permettait d’évoquer la différence de vos âges», écrit Daniel de Roulet.

Une année à peindre la femme et la maladie

Elle le rejoint à Genève, va à Lausanne et Vevey. Ils ont une fille. Et un an après sa naissance, la maladie est proclamée. Pendant une année, il a suivi sa mie déclinante. Lui a prêté un regard toujours plus lointain, l’a montrée en un corps qui se rétrécit et se décharne, l’a observée autant que racontée. C’est pourtant lui aussi qui, dans le train de retour de Vevey après l’enterrement, s’est emparé d’un accordéon et a fait chanter le wagon.

Au total, le peintre a consacré 74 tableaux et plus de 240 dessins à Valentine, précise l’écrivain. Ferdinand Hodler est mort trois ans après Valentine, dans son appartement de Genève, au terme de nuits «morcelées» par l’asthme.

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