Le Temps d'un café

Valère Novarina, apôtre du théâtre

Créateur d’une langue fantastique, l’écrivain né à Genève publie et monte «L’Animal imaginaire», célébration euphorisante de la parole, à voir au Forum Meyrin, début décembre

Alberto Giacometti et Buster Keaton ont un héritier en sa personne. Valère Novarina stupéfie depuis son premier acte sur les planches, au milieu des années 1970. D’emblée, l’écrivain et peintre né à Genève a été à part. Sa corniche? Celle d’un champion de la chute burlesque, celle aussi d’un sculpteur de figures métaphysiques.

Il vous embrasse, à l’instant, de son regard bleu pastoral. Valère Novarina, veste sportive de montagnard, semelles de pâtre, vous fait prendre de la hauteur avec lui. L’immeuble où il reçoit à Paris est celui où son père, l’architecte Maurice Novarina – 30 églises à son actif, des théâtres aussi, notez-le –, avait ses pénates et son bureau. L’adresse est le clin d’œil d’un poète: square Pétrarque, au cœur du patricien XVIe.