Après s’être offert une escapade dans un mois d’août caniculaire, Valerio Varesi retrouve la saison froide et le brouillard qui plaisent tant à son commissaire Soneri. De cette ouate magique qui tout à la fois aveugle et libère, il fait même l’un des thèmes principaux d’Or, encens et poussière. Dense, lyrique et inspiré, ce nouveau polar s’ouvre sur la somptueuse description d'«une soirée d’autres temps, d’avant que les saisons ne se ressemblent toutes. Lorsque la ville s’enveloppe d’une coquille de vapeur et retrouve soudainement toute son intimité.»

Taureaux échappés

Parcourant en marchant sa chère ville de Parme qui «susurrait comme les vieilles à l’église», Soneri se trouve brusquement assailli par les souvenirs et la nostalgie. Une intense mais brève parenthèse avant que son portable ne sonne et que le présent ne le rattrape. L’inspecteur Juvara lui annonce qu’un gigantesque carambolage s’est produit sur l’autoroute et que des Tsiganes rôdent près des voitures accidentées. Or seul Soneri connaît suffisamment la région pour ne pas se perdre dans l’épais brouillard. Rythmées par l’apparition fantomatique de taureaux échappés d’un camion, les pages qui suivent sont d’anthologie. Elles nous conduisent à la macabre découverte d’un corps calciné, une jeune femme dont le décès, visiblement, n’a rien d’accidentel.