Classique

Valeriy Sokolov, la déconvenue genevoise

Le jeune violoniste ukrainien devait éblouir avec le 1er Concerto de Paganini à l’OSR. Il a déçu

Certaines affiches font saliver le public. La dernière de l’Orchestre de la Suisse romande avait de quoi mettre en appétit les Genevois. Crème fouettée et champagne au programme. Avec, cerise sur le gâteau, l’étourdissant 1er Concerto pour violon de Paganini. A l’archet? Un talent venu d’Ukraine, au nom plus que prometteur: Sokolov. Partager le patronyme du génial pianiste Grigory représente déjà une gageure en soi. Proposer une pièce du diabolique Niccolo en plat de résistance, voilà qui annonce de la folie instrumentale.

Savoir se méfier des effets d’annonce

A 32 ans, le violoniste a, de plus, une certaine expérience de la scène. Et il présente un joli pedigree musical. Tout prédisait donc un concert d’exception. Mais il faut parfois se méfier des effets d’annonce. C’est un musicien sans esprit ni légèreté qui s’attelle à la partition affolante du célèbre Italien. Les notes sont toutes là, les aigus atteints, la vitesse et les acrobaties réalisées. Mais que l’ensemble s’avère sans grâce, les attaques crissantes, les traits de bravoure incertains, la justesse approximative et les harmoniques disgracieuses! Proposer une pièce de haute voltige requiert plus que de la virtuosité. Cela exige de se situer au-delà des notes, de survoler le texte avec une insolence instrumentale supérieure. Valeriy Sokolov atteint la crête, sans la dépasser.

Derrière ce soliste qui a le mérite d’un courage indéniable, l’OSR et Jonathan Nott ne lésinent pas sur un accompagnement pompier à souhait et irrégulier. Avec la charmante mise en bouche de Johann Strauss fils (Künstlerleben, Valse) et le dessert opulent (la Suite pour orchestre Schlagobers) de Richard Strauss, le festin aurait pu enchanter. Il a eu un goût de regret.

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