Un texte prétexte pour des comédiens déchaînés et inspirés qui embrasent le parvis fleuri de la mairie de Vandœuvres. Voilà ce que vous découvrirez en allant voir Cassandre, jusqu’à ce dimanche 4 juillet, dans la commune des hauts de Genève. David Casada et Sybille Blanc en tête, la joyeuse troupe poudrée et perruquée s’en donne à cœur joie sous la direction de Christelle Mandallaz et Christine Aebi pour raconter une (très) vague histoire de mariage et de concours littéraire. On y retrouve avec plaisir Julia Portier, une tornade issue de l’Ecole de théâtre de Serge Martin, et on apprécie Les Ménétriers du Léman, magnifique duo de musique ancienne qui finit de prêter un air étoilé à la soirée.

Potocki et autres morceaux

Qu’est-ce que c’est que ce texte, se questionne-t-on tout au long de Cassandre, spectacle qui regarde du côté de Molière, sans en avoir la tenue dramatique? «On est partis d’une petite farce de 1792 de Jean Potocki, et, en fonction des thématiques, on lui a accolé des morceaux de Plaute, Molière, Tchekhov, Musset, Rostand ou Goldoni», répond Christelle Mandallaz. Le résultat est plutôt flottant, mais a l’avantage de laisser beaucoup d’espace aux acteurs qui, dans le style de la commedia dell’arte, se dépensent sans compter sur le thème de la contrariété.

La comtesse (Sibylle Blanc, toujours aussi percutante) est contrariée, car elle aimerait marier sa fille au baron de Turpin (David Casada, la mèche folle et la précision bluffante) qui, lui, n’a d’yeux que pour la mère. La fille (très prometteuse Sibille Carrat) est contrariée, car son cœur bondit à la vue du grand flandrin Léandre (Jérôme Sire, lunaire) alors qu’il se soulève à la vue du baron. Un concours littéraire est organisé pour départager les deux soupirants, aussi fats et demeurés l’un que l’autre, ce qui permet aux servantes (Julia Portier et Candice Chauvin) de railler cette galerie d’emplumés.

La palme aux costumes

Peu importe le flacon ou le texte pourvu qu’on ait l’ivresse! Et l’ivresse est là grâce à des comédiens qui marquent et miment tout ce qu’ils disent, le corps monté sur ressort et le timbre musclé. L’ivresse tient aussi au ballet endiablé que la metteuse en scène orchestre avec un beau sens de l’espace et du geste. L’ivresse réside encore dans ce jardin fleuri et dans la musique qui commente et ravit.

Mais la palme revient aux costumes et aux perruques signés Ana Pacchiani,  Trina Lobo et Emmanuelle Pellegrin. Leur talent met la touche finale à ce tableau estival. Le spectacle n’a lieu que par beau temps. Espérons que le ciel sera favorable à cette troupe et à son bel élan.


Cassandre, jusqu’au 4 juillet, Mairie de Vandœuvres, Genève, réservations en ligne.