Mia Wasikowska, Rebecca Hall, Emma Stone… Ces noms ne vous disent rien, ou pas grand-chose? Gageons que nous les entendrons régulièrement ces prochaines années. Car ce sont ceux des jeunes filles les plus en fleur d’Hollywood. Pour son très attendu numéro annuel pré-Oscars, le prestigieux magazine américain Vanity Fair a choisi de mettre en avant neuf actrices parmi les plus prometteuses de la Cité des Anges.

Le trio de tête se compose de la benjamine Kirsten Stewart, 19 ans, devenue incontournable depuis le triomphe de Twilight, de l’Australienne Abbie Cornish ( Bright Star de Jane Campion) et de Carey Mulligan, saluée dans ces pages comme l’héritière d’Audrey Hepburn pour son rôle dans Une Education (lire LT du 24.02.2010). Dans les viennent-ensuite, notons Mia Wasikowska, excellente dans la série In Treatment et choisie par Tim Burton pour incarner son Alice aux pays des merveilles, et Amanda Seyfried ( Mamma Mia!)

Comme de coutume, c’est la photographe Annie Leibovitz qui a réalisé la couverture, en triptyque dépliable. Résultat: une délicate brochette d’elfes pâles aux jambes fluettes et à la moue dubitative, alanguis sur l’herbe, on est loin du glamour fracassant d’éditions précédentes. La plus sulfureuse des demoiselles, Evan Rachel Wood, vue dans Whatever Works, le dernier Woody Allen mais également connue à la ville comme la compagne intermittente du chanteur Marilyn Manson, est sagement reléguée en dernier volet du triptyque.

Chaque année, le choix – forcément subjectif – des élues fait l’objet de débats passionnés. Cette fois-ci, la polémique s’est faite plus tranchante. Si, sur son blog, le critique cinéma du magazine Télérama s’attelle à présenter les demoiselles et à saluer «la relève sexy», le choix de Vanity Fair en fait tousser d’autres. Ainsi, le Guardian relève l’absence de comédiennes de couleur en couverture: «Vanity Fair a regardé dans sa boule de cristal et décidé que, pour ces dix prochaines années, en ce qui concerne les actrices montantes, le futur était entièrement blanc. Même les vêtements qu’elles portent sont résolument pâles, aux teintes de miel, de rose et de beige – le genre de termes employés par les magazines de mode pour décrire les peaux caucasiennes.» Et de citer les grandes absentes que seraient les actrices noires Zoë Saldana, vue dans Avatar et Star Trek, et Gabourey Sidibe, nommée à l’Oscar de la meilleure actrice pour son rôle de fille mère obèse dans Precious.

Aux Etats-Unis, la question continue d’agiter la blogosphère et a fait la une de sites d’information destinés à la communauté afro-américaine, comme Newsone ou Black Voices. «La prochaine décennie à Hollywood nous promet encore plus de ségrégation. Les jeunes actrices présentées sont incroyablement talentueuses, mais l’image fait penser à une photo prise dans les années 1920 dans une médiocre université du sud du pays. C’est un tout petit peu décourageant», commente ainsi le professeur Boyce Watkins pour Newsone.

Ce n’est pas la première fois que les unes de Vanity Fair font des vagues. En 2005, le magazine avait été accusé d’avoir éclairci la peau de la chanteuse Beyonce Knowles. Mais il est surtout connu pour ses audaces, comme Demi Moore posant nue et enceinte en 1991 ou, le mois dernier, le choix de mettre en couverture le golfeur Tiger Woods, tout torse bombé.

De son côté, interrogée par plusieurs médias, Gabourey Sidibe dit ne pas avoir été blessée de sa non-sélection. «Dans mon monde, je ne suis ni en couverture, ni dans les magazines. Alors oui, je suis heureuse d’être dans [«Vanity Fair»]». Car elle figure tout de même dans le portfolio intérieur, également réalisé par Annie Leibovitz et visible sur le site du magazine. Sont aussi de la fête Penelope Cruz câlinant Pedro Almodovar ou encore Quentin Tarantino mordant l’oreille de l’acteur allemand Christoph Waltz.

Ce numéro de mars propose encore un reportage sur le making of de Raging Bull de Martin Scorsese, un article sur les petites mains qui aidèrent à réaliser Blanche-Neige et les sept nains, le premier film d’animation de Walt Disney, ou encore un portrait d’Ali MacGraw, l’interprète féminine de Love Story.