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«Vanity Fair», une foire pour pas grand-chose

La RTS montre ces jours une énième adaptation du roman de 1846 «La foire aux vanités», qui fustigeait la rigidité de la société anglaise. Là, on a de la lutte des classes façon «bubble tea» pour ados lourdement appâtés par les auteurs

Vouloir à tout prix reconnecter les jeunes générations aux vieux classiques peut conduire à des productions parfaitement ineptes. C’est ce qu’illustre Vanity Fair (La foire aux vanités), montrée ces temps par la RTS, et sortie en DVD. Basée sur le roman-feuilleton de William Makepeace Thackeray (entre 1846 et 1847), l’histoire raconte le destin de Rebecca («Becky»), jeune femme brillante mais de modeste extraction, qui doit s’en sortir après quelques années d’internat. Elle est accueillie à Londres par sa meilleure amie, d’une famille de bonne apparence mais criblée de dettes, puis doit se faire gouvernante dans le Hampshire. Avant de trouver un nouvel envol.

L’énergie d’Olivia Cooke

Cette mini-série en sept chapitres bénéfice de l’énergie d’Olivia Cooke (Bates Motel, Ready Player One) en Becky. A un moment, un jeune homme ballot sous son uniforme militaire lance qu’il n’a «jamais rencontré une personne aussi vivante» que Becky, et cette fraîcheur s’applique à son interprète. Le feuilleton a aussi son bateleur de luxe, Michael Palin (ex-Monty Python), jouant le romancier qui ouvre chaque épisode.

Ces talents ne sauvent pas l’entreprise, minée notamment par la volonté des auteurs de simplifier à outrance le propos, de croquer une Angleterre d’inégalités et de pacotilles. On se retrouve dans une lutte des classes façon bubble tea, et la réalisation renchérit en en faisant des tonnes sur les tenues de cette première moitié du XIXe siècle, saturant de couleurs tout ce qui peut l’être.

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N’est pas «Peaky Blinders» qui veut

On touche le fond avec une fin d’épisode où Becky part avec sa nouvelle patronne, et en musique, un It’s A Wonderful World en mode pop sucrée – il y a aussi une resucée de White Flag et même une touche de Dylan, autant d’initiatives niaises et racoleuses. En matière d’intégration intempestive de musiques, n’a pas la cohérence de Peaky Blinders qui veut.

Wikipedia nous apprend que le roman a déjà été adapté à sept reprises au cinéma, et cinq en séries. Pourquoi pas une nouvelle tentative, cette fois par Gwyneth Hughes? Mais à force de vouloir faire de la littérature pour ados en images, on n’offre pas grand-chose.


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