C’est une tapisserie serrée, épaisse, fascinante, déroutante, mystérieuse, à nulle autre pareille, que tisse Marie NDiaye (Prix Goncourt 2009 pour Trois femmes puissantes) dans son nouveau roman La Vengeance m’appartient.

Le livre est un portrait de groupe à plusieurs personnages, composé de quelques familles de Bordeaux, modestes ou bourgeoises, de quelques Mauriciens, émigrés ou pas, de gens de maison et de gens établis, de parents et d’enfants. Tous ces personnages gravitent, de près ou de loin, autour de Maître Susane. Celle qu’on appelle Me Susane, est avocate. Elle témoigne par sa profession d’une réussite sociale, qui n’est pas éclatante mais qui a sa valeur puisqu’elle est la fille de gens très modestes de la ville. C’est elle le personnage principal du roman, sa caisse de résonance, celle autour de qui se nouent et se dénouent toutes les intrigues.