Andrea Zanzotto (1921-2011), l’un des plus grands poètes italiens du XXe siècle, n’a presque jamais quitté la Vénétie et son village natal de Pieve di Soligo. Presque jamais, à l’exception de son exil en Suisse, en 1946, pour fuir la pauvreté, lorsqu’il devient enseignant à Villars-sur-Ollon, puis serveur à Lausanne. Il rentre en Italie en 1947, retrouvant la Vénétie.

Rarement un écrivain aura su si bien capturé Venise, et pourtant, cette ville qui ne cesse de produire des illusions sur le miroir de ses canaux a fasciné de nombreux artistes. Zanzotto avait un avantage: il parlait le dialecte de la Sérénissime, maîtrisait la «mollesse» superbe de sa «diction ondoyante». Il avait Venise dans le corps.