- Peut-on chiffrer, en termes de «parts de marché», la position de la littérature ancienne (Antiquité, Moyen Âge, Renaissance) dans un groupe comme Payot?

- Il est difficile de donner un chiffre. Cette littérature est très marginale. Si nous enlevions les prescriptions scolaires elle le serait encore plus. Les seuls titres, mis à part « L’Enéide » traduit par Paul Veyne, vendus à un plus large public seraient Homère et Pétrone et le « Roman de Renart » pour le Moyen Âge. Les adaptations de récits mythologiques dans les collections de jeunesse ont plutôt un joli succès auprès des lecteurs à partir de 8 ans. Le livre d’art aussi connait un certain succès avec la publication des textes illustrés par exemple chez Diane De Selliers pour « l’Enéide ».

- Plus précisément, la traduction de «L’Enéide» de Virgile par Paul Veyne se vend-elle bien, peut-être en comparaison d’autres publications de littérature antique?

- Oui, car elle a bénéficié d’un lancement médiatique, mais aussi par la qualité de la traduction, qui rend accessible le texte au plus grand nombre.

- Cette traduction-ci se caractérise par de fortes tendances de marketing: une couverture qui attrape l’œil, un battage médiatique intense (presse bien sûr, mais aussi radio et télévision), le choix de ne pas mettre le texte original en regard de la traduction…

- La notoriété de Paul Veyne est pour beaucoup dans le succès de cette traduction. Lorsqu’une «libre» adaptation d’une œuvre au cinéma voit le jour il y a quelque fois une photo du film qui apparait sur la couverture du livre mais cela a peu d’impact sur les ventes. Et le choix de ne pas mettre le texte original participe effectivement à ce succès en faisant paraître le texte plus accessible.