Face à la concurrence grandissante des autres festivals en Suisse, le Verbier Festival a décidé d’ouvrir sa billetterie plus tôt que d’habitude. Dès le 14 décembre, les mélomanes pourront faire leur marché au sein d’une affiche de haute tenue assortie de nouvelles formules tarifaires. «J’ai toujours voulu créer un atelier créatif à Verbier, reposant sur l’éducation, le partage et la transmission, avec des masterclasses, des concerts qui ne se donnent pas uniquement le soir comme dans d’autres festivals», explique le fondateur Martin Engstroem.

Le rêve d’une salle de 700 places

Avec un nouveau visuel graphique, de nouvelles têtes au sein de l’équipe dirigeante, la manifestation valaisanne opère une mue en douceur. Le concept, lui, reste le même, toujours axé sur la jeunesse et les stars. Mais pour que le Verbier Festival devienne pérenne, Martin Engstroem estime que, au-delà même de sa personne, cette manifestation doit pouvoir se doter d’une vraie salle de concert à terme. «Je ne pense pas à une salle de 1700 places, mais plutôt de 700 à 800 places, pour la musique de chambre prioritairement, avec une belle architecture. Nous avons des bonnes relations avec les politiques et gens sur place mais, à mon avis, une telle salle serait nécessaire pour que la commune de Bagnes puisse construire sur ce qu’elle a construit jusqu’à maintenant.» Ce combat n’est pas près d’être gagné. Or, il pourrait asseoir un rayonnement accru comparable à ceux de Salzbourg et d’Aix-en-Provence.

Parmi la nouvelle brochette de formules tarifaires, le Verbier Festival propose désormais 12 000 places à 50 francs ou moins, un pass Jeunes pour les moins de 16 ans ou de 26 ans, et un pass Week-end. Quant à l’affiche, elle brille par son souffle lyrique. Les amoureux de Strauss seront ravis de pouvoir entendre Salomé au concert d’ouverture puis Elektra, deux ouvrages particulièrement exigeants! Avec Charles Dutoit (qui fera sa dernière année comme directeur musical du Verbier Festival Orchestra) pour le premier et Esa-Pekka Salonen pour le second, il faut s’attendre à des étincelles. Plus modeste, mais très ambitieux, l’Eugène Onéguine de Tchaïkovski sera défendu par les jeunes chanteurs de l’académie et le Verbier Festival Junior Orchestra.

Pianistes à foison

Côté chefs, Gianandrea Noseda se mesure à la 9e Symphonie de Mahler, tandis que Sir Antonio Pappano fera son retour après 19 ans d’absence dans Une Vie de héros de Strauss. Côté piano, c’est l’embarras du choix, entre Kissin, Lugansky, Trifonov, András Schiff et bien d’autres. On ira écouter les jeunes étoiles du clavier Francesco Piemontesi (d’origine tessinoise), Lucas Debargue, George Li. Le prodige du violon Daniel Lozakovich, les jeunes chefs Santtu-Matias Rouvali, Lahav Shani et Joshua Weilerstein, Thomas Quasthoff en trio jazz ainsi que Chucho Valdés et Pink Martini sont pareillement attendus. A noter que les concerts à 14 heures 30 ont été déplacés à 17 heures. Quant au futur directeur musical du Verbier Festival Orchestra, son nom devrait être dévoilé au printemps prochain.

Verbier Festival, du 21 juillet au 6 août 2017. www.verbierfestival.com