Comme tout festival, Verbier a connu ses hauts et ses bas. Par contre, le taux de fréquentation reste stationnaire, il a même un peu augmenté. «Nous avons encaissé 7% de recettes en plus par rapport à l'année dernière», commente Martin Engström, directeur du festival. Si 9 concerts sur 17 (à la Tente Médran) ont été donnés à guichets fermés, le nombre de billets vendus n'est pas encore comptabilisé. Une chose est sûre: Verbier est une affaire qui roule.

Le festival s'apprête d'ailleurs à fêter ses 10 ans l'été prochain, et annonce déjà Elektra de Strauss pour le concert d'ouverture dirigé par James Levine avec de belles voix (Deborah Voigt, Anna Schwarz, Siegfried Jérusalem, René Pape). L'art vocal sera d'ailleurs plus présent: Elisabeth Söderström et Thomas Quasthoff animeront un nouvel atelier de chant.

Au chapitre des découvertes pour la cuvée 2002, on aura surpris un Evgeny Kissin en excellent accompagnateur de lieder (quelle discrétion subtile!), dans un répertoire taillé à la voix de Heidi Grant Murphy. Gidon Kremer a donné un récital de violon exemplaire, tandis que le violoncelliste français Gautier Capuçon et le ténor russe Daniil Shtoda s'annoncent comme des valeurs sûres. Au chapitre des déceptions, Fazil Say prouve une fois de plus qu'il n'a pas l'étoffe des grands, tandis que Jean-Yves Thibaudet ne cesse de peaufiner un piano trop esthétisant. Mais c'est surtout l'UBS Verbier Festival Youth Orchestra qui brille en plus belle star du festival, grâce à un James Levine et à un Kurt Masur aussi complémentaires qu'inspirés. La construction d'une salle, elle, reste toujours hypothétique.