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Musique

A Verbier, une symphonie à 3300 mètres d’altitude

Au sommet du Mont Fort, une trentaine de jeunes musiciens ont soufflé dans leurs trompettes pour le tournage d’une vidéo «buzz», organisé mercredi à l’aube par Téléverbier

Les premières notes des cors s’élèvent dans la brume, bientôt rejoints par la plainte des trompettes et le doux râle des trombones. L’air grave, presque inquiétant, tournoie au-dessus des sommets enneigés. On aperçoit, au loin, l’échine du Cervin et la robe givrée de la Dent Blanche.

Il est à peine six heures du matin. Une trentaine de musiciens, âgés de 15 à 28 ans, sont installés cahin-caha sur le petit plateau de pierre au sommet du Mont Fort, dans les Alpes valaisannes. Perchés à 3300 mètres d’altitude, dans la pénombre du petit matin, ils entament «Nuit», la première partie de la «Symphonie alpestre» de Richard Strauss. Difficile d’être plus à propos.

 Les courageux sont américains, brésiliens ou hongrois et tous sont membres de l’un des trois orchestres (principal, junior ou de chambre) du Verbier festival. Ce dernier invite, chaque été, des dizaines de jeunes talents du monde entier à intégrer son académie de musique classique, dispensant cours et autres masterclass. Des petits prodiges qui ont accepté, entre deux répétitions, de venir jouer les pieds dans la neige (ou presque) pour la nouvelle vidéo promotionnelle de la station. Musique, nature et lever du soleil: il est vrai que la formule à de quoi faire rêver. Au-dessus de leurs têtes, un drone bourdonne d’ailleurs déjà en quête d’images vertigineuses.

Buzz au sommet

Eric Balet, directeur de Téléverbier, a orchestré ce petit intermède straussien. Dans son viseur, un vrai «coup de buzz» pour dynamiser l’image de la station, qui a selon lui pris «un peu tard» le virage des réseaux sociaux et doit se distinguer de ses concurrentes. Et le Valaisan n’en est pas à son premier coup d’éclat médiatique : il y a deux ans, par exemple, le domaine faisait parler de lui en rouvrant au public certaines pistes de ski en plein mois de juillet. En s’associant au célèbre festival de musique classique, Eric Balet souhaite aujourd’hui promouvoir les joies de la montagne en été et notamment les expéditions au Mont-Fort, organisées tous les jeudis à l’aube.

Ce matin, seuls les cuivres ont été mandatés pour jouer les alpinistes: les cordes et les instruments à vent n’auraient pas apprécié le froid. Un arrangement de la symphonie a donc été spécialement concocté pour l'occasion par Alexandre, tromboniste de l’orchestre. Ne manque que le tuba, trop volumineux pour se risquer à l’ascension finale.

En haut, la température ne dépasse pas les 5 degrés. Les nez reniflent et les yeux fatigués s’attèlent à déchiffrer les partitions accrochées à la hâte sur le dos des voisins avec du scotch ou des pincettes. Malgré les traits un peu tirés et les taquineries des musiciens, il règne une certaine solennité sur cette corniche, sorte d’arche de Noé au-dessus de la mer de nuages.

 

Astre capricieux

La troupe entame le deuxième mouvement, un triomphant «Lever de soleil» aux aigus radieux. Mais l’apparition de l’astre en question, indispensable au tableau final, se fait attendre. Alors on reprend le passage une fois, deux fois, cinq fois. Pour se réchauffer entre les prises, les doigts s’agitent sur les clés, on entend par-ici un début de «Boléro» de Ravel et, par-là, quelques accords de l’hymne national.

Jusqu’à ce qu’enfin, les rayons percent le tapis de ouate et embrasent le métal des pistons. Le spectacle est saisissant. On reprend vite les dernières mesures, escalade de notes qui culmine dans un grand coup de cymbale majestueux. Et sonne l’heure du petit-déjeuner.

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