Franco n'est pas mort comme on l'a dit, mais assassiné par un garçon de café mexicain en 1959. On le sait par les événements qui suivirent: deux putschs militaires, une restauration de la monarchie puis une troisième République, et par le témoignage de Max Aub, émigré au Mexique en 1942. Aub, l'auteur hilarant de Crimes exemplaires, fréquenta durant sept ans le bistro de Mexico où l'assassin, natif de Guadalajara, servait depuis 1933 cafés, bières et tequilas. Solitaire, Ignacio Martinez encaissait mal les palabres politiques des clients indigènes. Que fut-ce quand débarqua la vague assourdissante des exilés espagnols! Ils passaient les soirées à supputer: si les Catalans n'avaient pas refusé… Quand Franco tombera… Ignacio en avait le tournis, les oreilles vrillées. Les autochtones avaient déserté le café, ne venaient plus que des Espagnols et des intellos. C'en était trop. Ignacio prit des vacances, se rendit à Madrid et parvint à liquider le Caudillo. Mais, à son retour, les exilés étaient toujours là à ressasser leurs querelles et leurs faits d'armes. Ignacio se retira dans sa province.