Ne dites surtout pas à mes fils que je m’apprête à écrire une chronique sur Merlin le cochon d’Inde, ils me croient critique littéraire dans un quotidien suisse de référence. Je me souviens très bien du repas où j’avais partagé mon idée, joyeusement en plus. C’était il y a plusieurs semaines. Si j’avais annoncé que je lançais une chaîne YouTube pour vanter les mérites du rock acrobatique ou du disco old school avec démonstrations à l’appui, l’effet n’aurait pas été différent. Hauts cris et accablement maximal chez mes deux grands ados. La honte allait s’abattre sur moi et me faire perdre instantanément mon travail. Et puis, notre cochon d’Inde relevait de notre stricte intimité familiale, pas question de lever le voile sur cet aspect de notre vie. Ils m’ont fait jurer que je n’allais pas mettre mon projet à exécution. J’ai bien vu qu’ils n’ont cru qu’à moitié à mon renoncement.