Rendez-vous était pris chez Mizzica, une bonne adresse sicilienne à Carouge-Genève, connue pour ses pizzas al taglio et ses pâtisseries. Véronique Rossier en a fait son camp de base. Le matin, elle lit ici, «une bonne heure». Et puis elle se rend à sa librairie, Nouvelles pages, un peu plus loin. En à peine dix ans, ce havre, petit (45 mètres carrés) mais ouvert au grand large de toutes les littératures, s’est imposé comme une librairie de quartier généraliste, de celle qui rallie une clientèle fidèle, un pôle de rencontres avec les auteurs; et Véronique Rossier, à sa façon calme et déterminée, est devenue une référence dans le métier, un temps présidente du Cercle de la librairie et de l’édition à Genève et actuellement présidente des libraires au sein de l’association romande des professions du livre, l’Asdel.

Pourtant, depuis la table sicilienne où nous nous trouvons, Véronique Rossier glisse qu’elle n’avait jamais rêvé de devenir libraire, «ça me paraissait totalement inaccessible». Le temps d’un café, elle déroule un parcours où il est question de livres qui sauvent, de Boncourt dans le Jura et de féminisme.