Il y aura bien une nouvelle réforme de Pro Helvetia. Lundi, à l'heure des bilans 2002, sa présidente Yvette Jaggi a relevé que «nous avons épuisé les possibilités de la loi actuelle». Puisque l'Office fédéral de la culture (OFC) a ouvert le vaste chantier de l'encouragement fédéral à la culture en préparant une loi sur le sujet (Le Temps des 4 et 7 juin), l'organisation et les compétences de Pro Helvetia seront elles aussi réenvisagées.

La fondation suisse pour la culture a déjà connu une modeste refonte début 2002, avec la réduction de son conseil et le renforcement du secrétariat, dirigé depuis un an par Pius Knüsel. Toutefois, la crise qui a secoué le Centre culturel suisse à Paris a montré que «la réforme n'a pas permis de régler la totalité des problèmes», note-t-on à l'OFC. Surtout, les deux instances – l'office, qui dépend directement de Pascal Couchepin, et la fondation, indépendante mais dont le financement est voté par les Chambres – vont opérer une redistribution des cartes qui «exigera des sacrifices de la part de tous les protagonistes», affirme le directeur de l'OFC David Streiff.

Aux yeux des dirigeants de Pro Helvetia, le fait que les projets de l'OFC englobent la fondation comporte des risques en termes de prérogatives, mais «c'est une chance», assure Yvette Jaggi. Les responsables des deux organismes lancent quelques pistes: à l'OFC reviendrait le soutien aux personnes, à Pro Helvetia la promotion de projets. Cette dernière se verrait concentrée sur les démarches qui enjambent les frontières linguistiques et la représentation culturelle à l'étranger. De fait, le débat se focalisera sur le degré d'indépendance de la fondation. Cet automne, celle-ci sera placée sous les projecteurs politiques des Chambres, qui étudieront son programme pour les années 2004 à 2007. Rigueur oblige, le Conseil fédéral a ramené les ambitions de Pro Helvetia de 179,5 millions de francs pour quatre ans à 137 millions. Nul doute que l'enlisement des finances fédérales rendra l'arbitrage plus ardu qu'il y a quatre ans, lorsque le parlement avait revu le montant à la hausse.

Au bilan 2002, Pro Helvetia se targue d'une nouvelle augmentation des demandes de financement, à 4568, ce qui fait dire à ses responsables que le cap des 5000 devrait être franchi cette année. 46% des requêtes ont été approuvées, pour un total de 21,1 millions de francs redistribués sur un budget de 34,9 millions, le solde étant constituté de dépenses directement liées à la gestion de projets et les frais administratifs «au sens restreint» (2,5 millions). La grande majorité des projets reçoivent un montant allant de 5000 à 20 000 francs. Entre autres projets, Pro Helvetia et l'OFC présenteront en août leur plan d'action pour la danse, décrétée domaine prioritaire.