Voix rauque et traits tirés, Françoise Marquet tourne un peu en rond dans cette vaste maison ensoleillée donnant sur le lac Léman. Pas un coin de mur qui ne rappelle son mari, le peintre français d’origine chinoise Zao Wou-Ki, décédé en avril 2013. «Il avait 88 ans et il m’a dit qu’il avait perdu le chemin», raconte cette sexagénaire en montrant son dernier tableau daté de 2008. Ce peintre que s’arrachent désormais les milliardaires chinois était, depuis 2005, atteint de la maladie d’Alzheimer. Brute de décoffrage, limite bourrue, Françoise Marquet ne cherche pas à apitoyer son interlocuteur, encore moins à se rendre sympathique. Sa voix est étranglée par la colère. Non, elle ne comprend pas la bataille que lui livre actuellement son beau-fils Jia-Ling Zhao, né d’un premier lit, et dont la justice française vient de se saisir.

Ce dernier lui reproche d’avoir emmené son père en Suisse contre sa volonté, pour des raisons fiscales. Dès 2012, il dépose plainte pour abus de faiblesse, conteste la vente de tableaux par sa belle-mère avant de soulever des doutes sur les circonstances du décès de son père à l’Hôpital de Nyon. Françoise Marquet se mure dans un silence obstiné, comme nombre de veuves d’artistes attaquées par les descendants. Mais aujourd’hui, la coupe est pleine. «Qu’on pense que je puisse profiter de la maladie de mon mari pour le voler, c’est incroyable, après quarante ans de vie commune, s’insurge-t-elle. Je ne comprends pas l’attitude de mon beau-fils. On avait une relation très distante, mais tout à fait normale.»

Selon elle, les conditions de logement à Paris n’étaient plus adaptées, son mari y attrapant des bronchites à répétition. «Cela faisait plusieurs années qu’on voulait quitter Paris, affirme-t-elle. Je ne tire aucun avantage fiscal à être ici car le conjoint survivant ne paye pas de droits de succession ni en France ni en Suisse.» Une logique que conteste Me Jean-Philippe Hugot, avocat de Jia-Ling Zhao. «L’objectif du départ en Suisse est celle de la vente des œuvres. Il y a un intérêt successoral et financier évident. Ce que l’on sait, c’est que, lorsqu’il y a eu des conversations sur le départ en Suisse, Zao Wou-Ki s’y est toujours opposé. Nous avons deux attestations qui le prouvent. Sa maison à Paris était d’un extrême confort. Tous les spécialistes disent que pour les gens atteints de la maladie d’Alzheimer, moins il y a de changement d’environnement, mieux c’est.» Quid des accusations d’euthanasie? «Ridicule, balaye irritée Françoise Marquet. Les médecins ont fait tout ce qu’ils pouvaient, on était en phase terminale de sa maladie. On ne pouvait pas faire d’acharnement thérapeutique. Ses deux enfants étaient là dans la chambre quand il est mort.» «Mon client a été exclu de toute décision, réplique Me Jean-Philippe Hugot. C’est une chose qu’il ne pardonnera jamais.»

Pathos et hystérie

A l’image de cette bataille digne des Atrides, mélange explosif de succession, d’euthanasie, et pour laquelle aucune conciliation n’est pour l’instant envisageable, on constate que, dans le milieu de l’art, les veuves ont rarement le beau rôle. Interrogé par Otto Hahn en 1992 dans les Mémoires accumulés, l’artiste Arman avait asséné cette réponse cruelle: «Dans le domaine culturel, il faut rétablir la vieille coutume brahmanique de la Sati qui consiste à brûler la veuve sur le bûcher du mari. Dès que le mari commence à décliner, elle prend de l’importance. Le côté effacé de l’épouse d’artiste fait place à une inextinguible soif de revanche.» Nul besoin d’être fin psychologue pour deviner les ressorts de cette métamorphose. L’épouse a souvent joué les ombres discrètes et dociles, avalant des couleuvres et faisant bouillir la marmite. Parfois, elle a été écartée au profit de conquêtes plus jeunes dès que la carrière de son époux a décollé. Les remariages cultivent pathos et hystérie, tandis que les rancœurs ressurgissent à la mort de l’artiste. «Même l’artiste qui n’a pas de renommée peut être source de tension ou de passion. Imaginez s’il est célèbre. L’œuvre d’art devient un trésor sur lequel on projette les choses les plus intimes, analyse Bernard Dauchez, notaire parisien spécialisé dans les successions d’artistes. Ça peut s’appliquer aux œuvres qui n’ont pas de valeur marchande. Le problème est plus affectif que pécuniaire. Il y a une relation plus vive à l’objet qu’à un portefeuille de Sicav.» Tellement vive que les successions se déroulent rarement sans grabuge. Celle d’Arman est un cas d’école. Six mois avant sa mort en 2005, ce sculpteur avait fait de sa femme Corice Arman, belle Noire américaine épousée en 1971, son exécutrice testamentaire et sa légataire universelle. Il avait aussi validé un trust familial créé pour la gestion de son patrimoine. Depuis 2006, ce testament est contesté par la fille aînée de l’artiste, Marion Moreau, qui représente aussi sa sœur Anne Fernandez, sa nièce Madison et l’enfant naturel du sculpteur, Yves. Le contentieux porte surtout sur la question du droit moral et sur la donation faite à Corice Arman de la maison de Vence, alias le Bidonville. La veuve assure pour sa part que tous les enfants ont déjà bénéficié de donations fort généreuses du vivant de l’artiste. Chacun campe sur ses positions. «Nous ne sommes pas à la fin de l’histoire, estime Marion Moreau. Corice ne veut pas entrer dans un processus de conciliation. Elle veut nous gommer de la carte, c’est viscéral. Mais mince, on existe!» L’épouse riposte: «Au contraire, ce sont eux qui veulent me gommer. Ils sont irrationnels dans leur haine envers moi. Essayer d’obtenir l’annulation du testament, ce n’est pas le meilleur moyen pour commencer une conversation. Je ne suis pas contre les enfants, ils faisaient partie de son existence. Marion est la marraine de mon fils.»

Récemment, un nouvel épisode est venu alimenter le conflit. Deux œuvres mises aux enchères puis saisies à la demande de Corice assurant qu’il s’agissait de contrefaçons viennent d’être authentifiées. Un épisode qui, pour les uns, pourrait fluidifier la circulation des œuvres d’Arman bloquée par les contentieux familiaux. Mais qui, pour les autres, risque d’opacifier encore un peu plus le marché. Corice, détentrice des archives de l’artiste, assure être la seule en mesure de pouvoir certifier l’authenticité d’une œuvre. Derrière ces querelles d’héritage et de gros sous pointe une urgence: préserver la mémoire du «grand homme».

Aussi procéduriers soient-ils, les héritiers n’entendent pas seulement profiter d’un fonds de commerce. Ils se veulent gardiens de l’œuvre. Une tâche plus proche de l’apostolat que de la sinécure. «Ce qui me touche profondément chez les veuves d’artiste, c’est leur engagement, salue Bernard Dauchez. La veuve se retrouve avec une œuvre qu’elle doit servir. Elle gère l’aspect le moins glamour. Elle n’est pas créatrice, mais celle qui porte les reliques.» Certaines s’acquittent de cette tâche avec aisance. Blondeur souriante, regard mutin, Stéphanie Busuttil n’est pas peu fière. Cinquante ans après la dernière exposition du sculpteur César à New York, sa dernière compagne a réussi à le faire exposer cet hiver par l’une des galeries les plus puissantes de la Grosse Pomme, Luxembourg & Dayan.

«Petit soldat»

Connu pour ses compressions de voitures, ses pouces monumentaux et ses expansions en mousse de polyuréthane, ce tenant du Nouveau Réalisme décédé en 1998 jouissait d’une telle notoriété européenne qu’il n’avait jamais regardé vers l’Amérique, dont il ne parlait pas la langue. Pourtant son revival passe aujourd’hui par la case new-yorkaise. «Je me suis dit qu’il fallait amener César au niveau d’un artiste historique, entre le moderne et le contemporain», explique-t-elle. Pari gagné pour celle qui se qualifie de «petit soldat»: l’exposition – qui a fermé ses portes le 18 janvier – fut un beau succès critique et commercial (85% des œuvres ont été vendues à des collectionneurs américains). «Le but n’est pas de faire des expositions toutes les cinq minutes, précise Stéphanie Busuttil. L’ambition ultime, c’est de travailler avec le marché américain, installer des pièces monumentales aux Etats-Unis.» La revanche est d’autant plus appréciable que César avait été oublié outre-Atlantique, trop souvent – et abusivement – comparé à John Chamberlain, un artiste pop américain qui utilisait des carrosseries d’automobiles dans ses sculptures. Mais, surtout, sa postérité avait été grevée par une longue guerre successorale opposant sa femme Rosine Baldaccini et leur fille Anna à Stéphanie Busuttil. Au bout de douze ans, chacune a mis de l’eau dans son vin pour assurer une cohérence dans la diffusion du travail de l’artiste. «Ma fille et moi, on a une vie simple. Je ne peux pas m’occuper de ça. Stéphanie, c’est son truc», confie Rosine Baldaccini, qui considère toujours César comme «l’homme de sa vie». «Ce qui est important pour l’œuvre, c’est d’en garder le contrôle ensemble, insiste Stéphanie Busuttil. Aujourd’hui, je gère la totalité des pièces, les miennes, les leurs et celles en indivision. Et elles ont envie que ça se passe bien.» Cette cohésion est la clé du succès posthume de l’artiste. Car rien n’est plus difficile que de garder vive la flamme. «Arman me disait que, si son œuvre ne survivait pas au-delà de trente à cinquante ans après sa disparition, cela voudrait dire qu’elle n’aurait pas eu l’importance qu’il espérait», rappelle Corice Arman, qui rêve de créer un jour un musée consacré à son mari.

S’il est difficile d’assurer la postérité d’un artiste important, la tâche est encore plus ardue pour les créateurs confidentiels. Hatice Gonnet en fait l’expérience. Cette femme chenue et vive s’est retrouvée, en 2004, à gérer le stock de plus de 4000 œuvres de son mari, Tony Gonnet. Elle n’a, depuis, qu’une idée en tête: réhabiliter le travail de ce peintre abstrait méconnu, qui eut une double carrière d’artiste et d’ingénieur. «La difficulté, c’est le désintérêt des connaisseurs, des galeries, regrette-t-elle. Ils me disent: c’est un peintre qui n’a pas de cote. D’accord, mais qui va faire sa cote si eux ne la font pas?»

Hatice Gonnet est une forte tête que les rebuffades ne démontent pas. Armée d’une conviction inébranlable, elle a retranscrit les carnets de son mari qu’elle espère publier un jour. En février 2013, elle organise une vente publique chez Cornette de Saint Cyr. Pas pour l’appât du gain. Elle vit modestement, entourée de ses chats non loin du Marais. Ce n’est pas à 80 ans qu’on change de train de vie. «Mon but, c’est de donner des œuvres aux musées, comme à celui de Péronne, qui organise une rétrospective, confie-t-elle. Je veux assurer l’avenir de sa peinture et j’ai le sentiment profond que Tony sera connu un jour.» Elle le reconnaît, cet héritage est un piège. «Mais c’est un piège merveilleux, s’empresse-t-elle d’ajouter. Si je n’avais pas cette préoccupation, qu’est-ce que j’aurais fait?» Sans doute beaucoup de choses. Car Hatice Gonnet n’a rien d’une femme au foyer, encore moins d’une désœuvrée. C’est une hittitologue réputée [spécialiste des Hittites, un peuple anatolien préhistorique], qui a mené une belle carrière au CNRS. Pourtant, elle n’a pas hésité à mettre ses recherches en sourdine. «Moi, mon travail, c’est banal, répond-elle sans barguigner. Bien sûr, j’ai écrit une soixantaine d’articles. Mais Tony, lui, a fait une peinture qui n’appartient qu’à lui. Il est tellement plus important que mes petites bricoles.»

Travail ingrat

Ce sacerdoce est non moins louable dans le cas d’Anne-Marie Sauzeau, première épouse de l’artiste conceptuel italien Alighiero Boetti. Louable car, ne figurant pas parmi les ayants droit, cette frêle et élégante brune n’a aucun intérêt personnel à le faire. Elle a vécu vingt ans avec Boetti et suivi de près ses créations. Celui-ci s’est remarié en 1990 avec l’ancien mannequin Caterina Raganelli, qui partagea les quatre dernières années de sa vie. Celle-ci a dans un premier temps été la présidente des Archives Alighiero Boetti, créées à la mort de l’artiste. Au début, les deux familles s’entendent tant bien que mal et le partage des œuvres s’effectue sans heurts. Mais le torchon brûle. Caterina Raganelli quitte les Archives pour créer sa propre fondation en 2002. Il faudra trois ans de diplomatie juridique pour parvenir à définir les rôles de chaque structure. «Aux Archives, nous faisons le travail de catalogage, ce qui implique des expertises et la chasse aux faux. Ce travail scientifique nous a été confié selon un accord passé avec la fondation qui, elle, a pour mission de représenter Boetti sur la scène internationale et de gérer les droits de reproduction des images», précise Anne-Marie Sauzeau, présidente des Archives Alighiero Boetti. Intellectuelle posée, cette dernière ne s’est guère enfermée dans la nostalgie. Son appartement parisien n’a rien d’un mausolée: quelques pièces de Boetti au mur, une ou deux photos du couple, mais pas de fantôme. Pourquoi alors s’infliger ce travail ingrat et bénévole? «Par solidarité avec mes enfants, répond-elle. Un jour, mon petit-fils a dit à sa mère que je m’étais remariée avec un mort. Ma fille Agata lui a répondu: ta grand-mère n’a jamais divorcé de l’œuvre de l’homme de sa vie. Elle a raison, l’œuvre de Boetti continue de m’habiter car j’y ai fortement contribué.» Elle avait notamment assuré pendant cinq ans les recherches pour le classement fou imaginé par Boetti des mille fleuves les plus longs du monde. «Il y avait entre nous un vrai «compagnonnage», un lien qui dépassait celui de l’affection conjugale et qui était celui de l’art, poursuit-elle. J’ai fait le deuil de l’homme à travers l’élucidation de son œuvre. J’aide aujourd’hui à la faire comprendre. C’est une autre forme de symbiose.»

Pour autant, toutes les femmes d’artistes ne sont pas aussi qualifiées qu’Anne-Marie Sauzeau pour promouvoir le travail de leurs défunts maris. Certaines se révèlent chicaneuses, voire abusives, quand, méfiantes, elles ne se drapent pas dans l’isolement. La veuve d’un artiste surréaliste était réputée ne jamais authentifier les dessins que son coureur d’homme avait offerts à ses «amies». Telle autre est connue pour faire les pires difficultés dès lors qu’on lui demande des certificats. Mais elles n’ont pas toujours tort de sortir de leurs gonds. L’été dernier, Corice Arman a contribué à faire annuler une exposition «Arman» prévue à l’Hôtel des arts de Toulon. «Je me suis rendu compte qu’il s’agissait des petites œuvres en bronze et en particulier des multiples, explique-t-elle. Cette manifestation n’apportait rien de positif, ni au nom de l’artiste ni à son œuvre.» Un sentiment que partageait aussi le galeriste Georges-Philippe Vallois, spécialiste d’Arman. Pour autant les veuves ont-elles toute légitimité pour jouer aux chevaliers blancs? A moins d’avoir participé à l’élaboration des œuvres, l’intimité avec l’artiste ne garantit en rien une connaissance profonde du travail. «Je pense qu’il faudrait découpler l’aspect patrimonial du droit d’auteur et que ce dernier soit exercé par quelqu’un de compétent», estime Stéphane Corréard, responsable du département art contemporain chez Cornette de Saint Cyr. «La veuve est en général trop près de l’artiste pour avoir une dimension critique et extraire de l’œuvre la substantifique moelle, et elle n’a pas le côté bateleur pour servir de truchement entre le créateur et le public, ajoute Daniel Moquay, coordinateur des Archives Yves Klein. Le travers des veuves d’artistes, c’est le manque de distance.»

Ménage à trois

Voilà bien un défaut que n’a pas Michèle Barré. Veuve du peintre conceptuel français Martin Barré, mort en 1993, ce petit bout de femme au sourire contagieux l’admet volontiers: elle n’est pas historienne d’art. Surtout, elle avait elle-même une occupation prenante dans la mode. «Je n’avais aucun rôle dans le travail de Martin, je n’intervenais à aucun moment. J’avais mon boulot, il avait le sien», explique-t-elle. Aussi, tout en gardant le droit moral et une vue attentive sur la promotion, elle a demandé aux proches de Martin Barré, les historiens de l’art Ann Hindry et Yve-Alain Bois, de réaliser le catalogue raisonné de ses peintures. Elle se repose tout autant sur la galeriste Nathalie Obadia, pour défendre commercialement ce travail. «Une seule personne ne doit pas tout prendre en main, estime-t-elle. Toute ma vie, j’ai travaillé en équipe.»

A défaut d’équipe, d’autres optent pour un ménage à trois, en mettant leurs seconds maris à contribution. Veuve de l’artiste Yves Klein, connu pour son goût de l’immatériel, Rotraut Klein a passé le relais à son mari Daniel Moquay. Elle connaît pourtant à fond l’œuvre de Klein. Elle a même réalisé la plupart de ses célèbres Anthropométries, dans lesquelles le corps badigeonné de peinture fabriquait littéralement l’œuvre. Les premières années suivant sa mort, elle s’acquitte tant bien que mal de sa mission. «J’ai été très prudente dans mon choix de galeries. Avec certains, c’était le déclic immédiat. J’ai eu beaucoup de chance dans mon instinct», raconte-t-elle. Mais aussi persuadée qu’elle soit du génie de son mari, Rotraut Klein est artiste elle-même. Et si elle souffre aujourd’hui d’arthrite, elle ne compte pas mettre sa peinture sous le boisseau. Aussi s’est-elle entièrement reposée sur Daniel Moquay, rencontré en 1968. Cet ancien comédien de café-théâtre a du charme et du bagout. Il le reconnaît toutefois: avant sa rencontre avec Rotraut Klein, il n’avait vu en tout et pour tout que deux expositions d’art dans sa vie. Un maigre bagage pour s’attaquer à l’œuvre complexe d’Yves Klein. «Les gens pensaient que j’étais un bellâtre bouffeur de dot, ironise Daniel Moquay, qui, voilà quinze ans, a créé avec sa femme les Archives Klein. Mais j’ai bachoté. J’avais la chance qu’il y ait des caisses d’écrits de Klein que j’ai lus et mis en forme. Aujourd’hui, je dois être celui qui a la meilleure connaissance de son œuvre.» Et de se révéler plus royaliste que le roi. «On nous voit comme des gros emmerdeurs», s’amuse Daniel Moquay, qui est allé jusqu’à intenter un procès en 2007 contre le Centre Pompidou et la firme Ricard au sujet d’une parodie d’anthropométrie. S’il y a bien des veufs «par procuration», on n’en connaît guère qui aient soutenu l’œuvre de leurs épouses après leur mort. La femme peut être muse ou veuve. Mais artiste…