S’il fallait retenir un moment du récital donné dimanche par Yevgeny Sudbin, à la Salle del Castillo de Vevey, ce serait Gaspard de la nuit, de Ravel. Le pianiste britannique d’origine russe, établi à Londres depuis plus de vingt ans, orchestre son jeu avec la plus grande science. Il déploie un jeu qui gagne en mobilité et foisonnements, jusqu’à atteindre des sommets de luxuriance sonore dans le Scarbo final.

Ce récital, joué deux fois de suite, à 17h30 et à 20 heures, marquait une reprise de la saison Arts et Lettres après une interruption forcée de six mois. Chaises disséminées dans la salle, public clairsemé, assemblé par groupes de deux ou de trois: il régnait un silence respectueux, presque monacal. Etonnant dispositif dans un auditorium au plafond très haut, tout en longueur, à la réverbération un peu excessive en l’absence d’un public plus nombreux pour contrer cet effet.