Genre: chroniques
Qui ? Alexandre Vialatte
Titre: Vialatte à La Montagne
Chez qui ? Julliard, 172 p.

Découvrir les chroniques d’Alexandre Vialatte (Magnac-Laval 1901 – Paris 1971) provoque de l’émerveillement, beaucoup de rire, voire de fou rire et une énergie prosélyte. Qui a lu veut faire lire. Dont acte.

Alexandre Vialatte a tenu la chronique du quotidien auvergnat La Montagne du début des années 1950 jusqu’à sa mort, en 1971. Pourquoi La Montagne? Parce qu’Alexandre Vialatte était Auvergnat d’adoption. Il a 15 ans quand ses parents s’installent à Ambert.

Pour ses chroniques, plutôt que de parler de finances ou de politique nationale, le romancier et traducteur de Kafka a composé, d’année en année, des merveilles de proses poétiques, petits relevés métaphysiques et burlesques du grand cirque humain. On glissera ici, pour donner quelques exemples, «L’Homme des poissons» où l’auteur fait le portrait improbable des hommes nés sous ce signe zodiacal. Ou encore l’époustouflant «Des pharmaciens fuyant l’orage».

Pour le 40e anniversaire de sa mort, La Montagne a sélectionné 13 chroniques sur les 898 écrites pour les publier tout au long de l’année 2011. On retrouve ces 13 textes dans Vialatte à La Montagne, ainsi que 13 autres choisies par des «Vialattiens» comme Amélie Nothomb, Denis Tillinac, Pierre Vialatte, Pascal Ory, Philippe Meyer ou encore Pierre Jourde. Ils comptent parmi les premiers adhérents du Club des Vialattiens, «très ouvert», comme il est précisé sur le site alexandre-vialatte.com. L’ambition est déclarée sans ambages: augmenter le nombre de Vialattiens.

Alexandre Vialatte a vécu en Allemagne, à Mayence, de 1922 à 1928, dans la zone occupée par les troupes françaises. Secrétaire de rédaction à la Revue Rhénane, il reçoit en 1924 un exemplaire de La Métamorphose de Franz Kafka. Il sera le premier traducteur de l’auteur praguois en français.

En 1939, il s’engage et est fait prisonnier en Alsace en juin 1940. L’épisode sera traumatique. Interné à l’hôpital psychiatrique de Saint-Ylie près de Dôle, il transposera cette épreuve dans Le Fidèle Berger. Vialatte a écrit deux autres romans, Battling le ténébreux et Les Fruits du Congo. Déçu par l’accueil de ces livres, il se consacrera ensuite aux chroniques. Alexandre Vialatte connaît aujourd’hui une reconnaissance posthume qui doit le faire sourire, lui qui se décrivait comme un «écrivain notoirement méconnu».