L’époque n’est plus aux abonnements contraignants? Depuis la saison 1992-1993, le Théâtre Vidy-Lausanne a compris l’intérêt de laisser son public libre. Une carte d’adhérent d’une valeur de 130 francs (80 francs pour les spectateurs AVS-AI-chômeurs) donne accès à la quarantaine de spectacles annuels pour 16 francs, au lieu des 42 francs du billet plein tarif. «Cinq mille personnes profitent de cette carte, qui est remboursée au bout de cinq spectacles», informe Sarah Turin, responsable de la communication.

Et la fréquentation s’en ressent. Doté d’une grande salle de 400 places, d’une petite salle (La Passerelle) d’environ 100 places, d’une salle à la jauge modulable (la salle de répétition), et encore d’un chapiteau de 150 places, le Théâtre Vidy-Lausanne affiche souvent complet. «Oui, mais cette réputation de saturation nous nuit parfois. Pour L’Atelier volant de Valère Novarina, en novembre dernier, la salle n’était pas pleine. Nous devons réinciter notre public à venir au théâtre comme il va au cinéma, sans avoir forcément réservé des jours à l’avance.»

Les cinq mille adhérents voient, en moyenne, dix spectacles par année et «se montrent plus curieux que s’ils devaient chaque fois payer plein tarif», se réjouit Sarah Turin, en soulignant le grand succès du «nouveau cirque» dans la programmation. Pareil pour les jeunes: moyennant une carte de 20 francs, les moins de 25 ans vont au théâtre pour 10 francs. La Comédie de Genève a lancé une telle carte d’adhérent en septembre dernier, «mais sans grand succès à ce stade», constate l’administrateur Bernard Laurent.