Théâtre

Vidy, une réussite sous le signe de l’amitié

De la banlieue parisienne à Lausanne, René Gonzalez a tissé en trente ans une toile artistique unique

«La passion du théâtre? Je n’ai pas eu de révélation. Non! Cela m’a pris comme ça. J’ai fait l’école de la rue Blanche à Paris. J’ai joué ensuite pendant cinq ans. Puis j’ai arrêté. Là, aussi, pas d’explication. Je suis passé de l’autre côté. Etre au service des saltimbanques, c’est d’une noblesse infinie, non?»

René Gonzalez a 33 ans en 1976, il devient directeur du Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis. Il vénère Jean Vilar, l’homme qui pensait que le théâtre pouvait élever et éclairer. Au début des années 1980, il prend la direction de la Maison de la Culture de Bobigny.

Sa ligne est belle. Elle est faite de fidélités. Il accueille Bob Wilson, Jaques Lassalle, Joël Jouanneau, autant d’artistes qu’il invitera à Vidy. René Gonzalez a cette qualité: il suit les acteurs qu’il aime; il les relance aussi; il est là quand ils doutent ou tremblent. L’amitié est son exigence. Cela explique beaucoup de choses.

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