Pékin, New York… Le Théâtre de Vidy à Lausanne aspire au large. Un émissaire de l'institution, le Français Gérald Drubigny, est actuellement en Chine, après avoir fait étape en Amérique. Sa mission? Ouvrir de nouveaux débouchés à la scène vaudoise. René Gonzalez, directeur de l'institution, le confirmait jeudi à l'occasion d'une conférence de presse de mi-saison. «Nous devons nous développer internationalement.»

S'exporter dans le monde. Tel est l'un des objectifs majeurs du patron de la scène lausannoise depuis son arrivée en 1991. Celui-ci rappelle d'ailleurs que plus de la moitié du budget (soit près de 20 millions, ndlr.) est autofinancé. Pour intensifier la présence du Théâtre de Vidy hors de nos frontières, René Gonzalez a décidé de jouer la carte de la francophonie. Depuis plusieurs semaines, il négocie avec l'Association française d'action artistique (AFAA), émanation de l'Etat français. L'idée? Obtenir que la France finance une partie de la promotion à l'étranger des productions de Vidy. René Gonzalez explique en substance: «A partir du moment où nous contribuons par nos spectacles au rayonnement de la langue française, il n'y a aucune raison que nous ne bénéficions pas d'une aide.»

L'oiseau rare chargé de vendre le label lausannois dans l'espace francophone et ailleurs existe. Il s'appelle Gérald Drubigny et il travaille aux côtés de René Gonzalez depuis l'automne passé. Ancien directeur de l'Institut culturel de Munich et actuellement détaché du Ministère des affaires étrangères, il pourrait être prochainement chargé officiellement par l'Etat français de travailler pour l'institution lausannoise. «Une telle formule serait totalement inédite, dit René Gonzalez. Nous pourrions aussi par la suite frapper aux portes de Bruxelles et de l'Union européenne qui pourrait nous soutenir.»

Flirt entre Vidy et le Shauspielhaus

Mais Vidy ne rêve pas que de Moscou et de Bogota (Omar Porras et ses Bakkhantes à l'affiche dès le 28 février sont invités au Festival de Bogota). Il entend nouer des liens privilégiés avec le Schauspielhaus de Zurich dirigé depuis l'automne passé par Christoph Marthaler. «Cette collaboration avec le Schauspielhaus est très importante, déclare René Gonzalez. Je crois que Marthaler aimerait beaucoup faire quelque chose ici et ça se concrétisera un jour.» En attendant, Vidy et le Schauspielhaus jouent déjà dans le même préau. Ils vont se partager le Théâtre itinérant, dont les spectacles sont destinés à tourner dans les écoles. Le principe? «Nous prévoyons une production annuelle pendant quatre ans, affirme René Zahnd, directeur adjoint qui s'est occupé du dossier. Deux seront jouées en allemand et diffusées en Suisse alémanique, mais aussi en Suisse romande. Quant aux deux spectacles en français, ils iront faire un petit tour du côté de Zurich.» Une revue théâtrale bilingue pourrait aussi bientôt voir le jour à l'initiative des deux institutions.