Sucre de Cannes

Vieux macho trouve Palme à sa pointure

La décision de décerner une Palme d’or à Alain Delon en agace plus d’un(e)

Petite frappe à gueule d’amour et regard d’acier, Alain Delon a été beau, incontestablement. Et il a assurément joué dans de grands films, Plein Soleil de René Clément, L’Eclipse d’Antonioni, Le Guépard de Visconti, Le Cercle rouge de Melville…

Ensuite les choses se sont gâtées, comme en témoigne une kyrielle de navets fétides – Le Toubib, L’Homme pressé, Traitement de choc, Le Battant, Astérix aux Jeux olympiques… Des sympathies pour le Front national, une propension revendiquée à gifler les femmes dans la vie comme à l’écran font de l’ex-jeune premier à la gloire éclipsée un moche octogénaire.

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Machisme périmé

Le Festival de Cannes décerne pourtant une Palme d’or d’honneur à ce représentant d’un machisme périmé. Des voix s’élèvent pour protester. Thierry Frémaux renaude. Le délégué général rappelle que ce n’est pas un Nobel de la paix qui est attribué à l’acteur. La pirouette dialectique vaut ce qu’elle vaut, mais n’y a-t-il pas des hommes, et des femmes, plus extraordinaires à célébrer que ce fossile des sixties?

Benoît Poelvoorde raconte que, sur le tournage d’Astérix, Delon lui a dit: «Je suis une star et toi juste un comédien.» Le Belge désopilant a répondu qu’il était ravi: il avait plein de potes sur terre tandis que l’étoile se morfondait dans l’extrême solitude du cosmos glacial. Plutôt que d’honorer le vieux phallocrate mégalo, levons nos verres à la santé de Poelvoorde et de tous les joyeux comédiens vivants.

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