L’hebdomadaire satirique romand Vigousse publie vendredi son 500e numéro. Le journal créé en décembre 2009 fête ce cap avec une nouvelle formule, tant graphique que rédactionnelle, donnant encore plus de place au dessin. Nouvelles rubriques et plumes sont à découvrir. «Nous sommes très heureux d’atteindre ce chiffre, sachant qu’au début les gens ne donnaient pas cher à un satirique romand sur la durée», confie à Keystone-ATS le rédacteur en chef du journal depuis 2015, Stéphane Babey. «C’est un plaisir et une joie d’être là douze ans plus tard».

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La rédaction de six personnes fixes et une quinzaine de dessinateurs est plus motivée que jamais, selon son chef. Elle inaugure pour l’occasion une nouvelle formule permettant «de casser une certaine routine avec des rubriques bien installées en redistribuant les cartes avec encore plus de liberté, plus de souplesse et d’improvisation», explique Stéphane Babey. L’équipe de Vigousse mise sur plus de variations et de surprises, tout en gardant ses seize pages.

Nouveaux «invités»

Concrètement, l’hebdomadaire du vendredi change de graphisme, avec une «Une» de type magazine avec un dessin en pleine page. Il propose une nouvelle pagination, offrant une plus grande place aux dessins, eux-mêmes imprimés en plus grand format. Il y aura plusieurs nouvelles rubriques en alternance chaque semaine. «Nous allons aussi accueillir six nouvelles plumes 'invitées', notamment des écrivains, à l’exemple de Quentin Mouron pour le numéro 500», détaille-t-il.

«Le seul canard à deux balles qui ne coûte que quatre francs» compte toujours autour de 6000 abonnés «fidèles, impliqués et passionnés, comme appartenant à une petite communauté, à une famille», indique son rédacteur en chef. Entre 1000 et 1500 exemplaires se vendent aussi en kiosque. «Là, c’est plus variable et je ne m’intéresse pas trop à ces chiffres», admet-il. «C’est le modèle économique des abonnements et notre noyau dur de fans qui nous permettent de tourner», relève Stéphane Babey. «Notre situation financière est plutôt saine mais elle reste aussi toujours un peu difficile. Dans l’ensemble, on s’en tire plutôt bien», ajoute-t-il.

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Méfiance des réseaux sociaux

Interrogé sur l’évolution de l’humour dans les pages de Vigousse en douze ans, Stéphane Babey répond qu’il est resté plus ou moins le même: «pas aussi jusqu’au-boutiste, violent, agressif ou pointu que d’autres satiriques francophones comme par exemple Charlie Hebdo, mais plus généraliste et varié, sans doute aussi plus consensuel, à l’image de la culture politique en Suisse». Mais au final, très peu d’autocensure, assure-t-il.

Le rédacteur en chef dit en revanche se méfier «comme de la peste» des réseaux sociaux. «Nous faisons très attention à ce que nous y publions car cela peut très vite être sorti de son contexte et nous échapper ensuite complètement, via des commentaires, accusations, injures ou polémiques qui dérapent», explique-t-il.