Photographie

Vik Muniz, recycleur d'images

L'artiste recompose des toiles ou photographies iconiques à partir de matériaux improbables

Pour cette rentrée d’automne, le Musée des beaux-arts du Locle propose quatre expositions simultanées, dont trois sont dédiées à la photographie. Au côté de Yann Mingard, Vik Muniz tient la vedette. Contrairement aux extraits de paysages du Neuchâtelois, les photographies du Brésilien sont immédiatement reconnaissables. Ici, la reproduction d’un Caravage, plus loin un Van Gogh ou un Monet. Là, des clichés d’Andy Warhol ou de Mark Rothko. Mais approchez-vous. La Méduse du maître italien est dessinée en spaghetti et sauce tomate, le Van Gogh en morceaux de papiers froissés. Aux toiles reines de l’histoire de l’art s’ajoutent des icônes de la culture populaire ou une imagerie du quotidien. Le portrait de Ronaldo fait de terre, celui du soldat constitué de guerriers en plastique, le couple de mariés formé de clichés anciens ou encore une carte de la terre en composants informatiques.

De près, on ne voit plus que la matière première, formes abstraites ou au contraire nouvelle réalité de ces petits objets. Un joyeux foutoir paraissant parfois assemblé à la va-vite.
Un étrange amas dont la seule cohérence semble souvent être la couleur. De loin, les traits sont étonnamment précis et tout semble parfaitement à sa place. Techniquement, c’est stupéfiant.

Ingrédients pas faits 
pour la représentation

«Si l’on regarde une pièce avec de très bons acteurs, on ne voit plus que les personnages. Si les comédiens sont mauvais, alors on voit le théâtre. C’est ce processus qui m’intéresse, soulignait le New-Yorkais d’adoption lors de son passage l’an dernier aux Rencontres photographiques d’Arles. J’utilise des ingrédients qui ne sont pas faits pour la représentation. Je veux créer une tension entre le matériau et ce qu’il figure.»

Autre plaisir de cette programmation photographique, Little Circulation(s) reprend l’exposition proposée par le festival éponyme à Paris en début d’année. Constituée d’une vingtaine de panneaux, elle présente aux petits les tirages de l’édition 2015. Des jeux, comme les sept erreurs ou un appel à se souvenir des détails d’une photographie, permettent aux enfants de réfléchir à la lecture d’image tout en s’amusant.

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