Vincent Du Bois, de la pierre au temps

Le sculpteur genevois expose à Carouge ses œuvres récentes, qui marquent les heures qui passent

Sa galerie a repris les locaux d’un ancien cabinotier carougeois. L’occasion pour Vincent Du Bois de consacrer une partie de son exposition à parler du temps. Sculpteur au sens large, mais formé à la taille de la pierre, le Genevois montre ces horloges métaphoriques qui marquent l’heure, mais ne la donnent pas. Une sphère en verre caresse la surface d’un stère de chêne. Elle roule imperceptiblement à la vitesse horaire. Placé au soleil, l’objet fait loupe et brûle le bois sur lequel il tourne en rond, dessinant ainsi des anneaux de feu, comme dans une chanson de John­ny Cash. Juste à côté, la cire d’une bougie montée sur un axe s’écoule au compte-gouttes. Ce sont elles qui, en s’écrasant sur une feuille de papier noir, rythment la journée qui avance.

Crâne impossible

L’autre partie de l’accrochage est moins inattendue. Elle présente les travaux sur métal et sur pierre bien connus de l’artiste genevois. Il y a là les disques que la fusion de l’acier a fait craqueler en une multitude de pièces, mais que la chaleur a maintenus ensemble. Comme une sorte de puzzle dont chaque morceau est un petit territoire issu de la fission. Il y a surtout ce crâne anatomiquement impossible, déformé par informatique et reproduit dans le marbre par une fraiseuse automatique. Du moins pour le plus gros de la tâche. Les détails et les finitions de la tête mutante nécessitent encore le savoir-faire de l’expert. Cette Vanité sert en fait de candélabre, genre classique qui rappelait aux vivants la fragilité de l’existence. Objet à la fois de design – il appartient au projet StonetouCH initié par l’artiste, le designer Claudio Colucci et l’architecte Pierre-André Bohnet – et Memento Mori contemporain, il est une autre manière de mesurer le temps qui passe.

Vincent Du Bois, jusqu’au 30 août, Hayat Fine Arts, 2, rue Saint-Victor, Carouge, 022 793 40 04. www.hayatfineartselection.com