Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
Vingt candidats, dont la conseillère d’Etat Anne-Emery Torracinta, son collègue Antonio Hodgers et les candidats libéraux Nathalie Fontanet et Alexandre de Senarclens, ont livré leur vision de la culture pour la prochaine législature à Genève.
© GABRIEL BALAGUE

Genève

Vingt candidats célèbrent la culture à l'Opéra

Vingt prétendants au Conseil d’Etat ont livré leur vision, lundi soir à l’Opéra des Nations. Jamais la culture ne s’était imposée autant, à Genève, comme un thème de campagne

Xi Jinping aurait adoré le tableau. Le président chinois se serait senti comme à la maison lundi soir, sur la scène de l’Opéra des Nations. Sur la longueur, alignées derrière une table de 15 mètres digne du congrès quinquennal du Parti communiste, vingt petites têtes attendent leur tour pour s’exprimer. Toutes ces éminences ont été invitées par le comité à l’origine de l’initiative «Pour une politique culturelle cohérente à Genève». L’initiative a été déposée début janvier, riche de plus de 14 000 signatures. Elle demande que le canton joue un rôle de coordination dans la politique culturelle pour l’ensemble du territoire.

Eric Stauffer, Falstaff du soir

Mais qui sont-ils, ces ténors d’un soir? Ils sont candidats au Conseil d’Etat, ils ont pour certains du bagou, pour beaucoup du métier et parfois un maroquin. Perché dans les travées, on distingue tout en bas la conseillère d’Etat Anne Emery-Torracinta, son collègue Antonio Hodgers, les prétendants PLR Alexandre de Senarclens et Nathalie Fontanet, mais aussi Jérôme Fontana, champion des Vert’libéraux genevois, et Eric Stauffer, en Falstaff de la soirée, président de Genève en marche. «Qu’ils soient 20 sur 31 candidats au Conseil d’Etat à avoir répondu à notre invitation est déjà un succès», note Dominique Perruchoud, membre du comité d’initiative.

Trois minutes pour convaincre

L’organisation d’un tel débat, inédit par son ampleur, la présence des premiers rôles – à l’exception de Pierre Maudet et de Mauro Poggia, excusés – marquent déjà cette campagne. La culture est un thème qui comptera comme jamais auparavant, souligne encore Dominique Perruchoud, naguère directrice adjointe du Service cantonal de la culture. Dans la salle, on est près de 250, dont l’avocat Bruno Mégevand, président de la Fondation pour la Cité de la musique, et l’acteur Jean-Luc Bideau, à soupeser le degré de préparation des candidats. Trois minutes pour convaincre, chacun à tour de rôle, puis une séance de questions plus ou moins vaches.

Des conversions miraculeuses

Que retenir alors? L’adhésion quasi miraculeuse de tous les protagonistes à une initiative qui demande de fait qu’on revienne sur la répartition des tâches, en matière de culture, entre les communes, la ville et le canton. Les mots «concertation, collaboration, vision commune» pullulent. Et tant pis si certains ont approuvé au Grand Conseil la loi qui attribue au canton des responsabilités moindres que par le passé – la politique du livre et la diffusion de la création sont désormais ses principales prérogatives.

Passes d’armes quand même

Et les passes d’armes? Alexandre de Senarclens a bien dénoncé l’absence de vision du canton. Anne Emery-Torracinta a bien riposté en fustigeant l’opposition du PLR à tous les projets. Mais Jérôme Fontana avait raison de saluer la création, ce lundi soir, d’un parti unique de la culture, tant le consensus était frappant. Parole, parole? Calcul? Oui, mais pas seulement.

L’amorce d’une symphonie

Les futurs Conseil d’Etat et Grand Conseil devront affronter la question de l’investissement et du rôle culturel du canton. A Carouge comme à la gare des Eaux-Vives, des murs poussent. Deux théâtres, un Grand Théâtre rénové, une Cité de la musique, c’est bien. Mais il faudra que ces enveloppes vibrent – l’argent manque actuellement. Le débat de l’Opéra des Nations avait fonction de prélude. Les acteurs culturels veilleront à ce que la symphonie fasse du bruit.

Publicité
Publicité

La dernière vidéo culture

Le performeur Yann Marussich se fait imprimer Le Temps sur le corps

Un soir à la rédaction du Temps. La salle de réunion est transformée en labo photo géant éclairé de rouge. Au milieu de la pièce, l'artiste Yann Marussich, rendu photosensible. Sur son corps nu se développent des titres du «Temps». 60 spectateurs assistent à l'expérience qui dure 45 minutes.

Le performeur Yann Marussich se fait imprimer Le Temps sur le corps

n/a
© Arnaud Mathier/Le Temps