C’en est symptomatique. Samedi, le festival Cinéma Tous Ecrans consacrait une table-ronde aux séries policières. Et comme de juste, le débat tourne vite à la question de la violence représentée à la TV. Scénariste du Prophète de Jacques Audiard, ainsi que de la série La Commune et de la deuxième saison de la brutale Braquo, Abdel Raouf Dafri lance : «Je n’ai aucun problème avec la violence à l’écran, dans une fiction. La vraie violence, pour moi, réside dans les images de la mort de Kadhafi, montrées au grand public à 20h.». Invité pour parler des Maigret à l’écran, John Simenon réplique : «Pourquoi ne pas montrer la vraie violence ? La fiction voudrait-elle un monopole ?».

La discussion s’emballe. Quelles images contiennent-elles la plus forte charge de violence ? Les vidéos réelles des TJ, visibles partout sur la Toile, ou les artifices des séries ? Blogueur des séries pour lemonde.fr, Pierre Sérisier tente de situer le propos : «Notre société n’a jamais été aussi sûre, et en parallèle, la représentation de la violence augmente dans la fiction.»

Pas moyen de prendre ce recul, pourtant nécessaire. Dans l’assistance, clairsemée mais vigoureuse, on déplore le déluge d’actes violents et de tortures dans la fiction TV actuelle ; ou l’on relativise en parlant d’exutoire face à la brutalité du monde. Rappelons que Starsky et Hutch (1975-1979) avait été conspuée pour sa violence. Débat tenace.