Une rebelle. Mais qui est aussi baroque et kitsch, sentimentale et cosmique. Sous les traits de Violencia Rivas, Léa Pohlhammer est «almodóvarienne», sans cesse au bord de la crise de nerfs, insultant à tour de bras ses filles trop alignées et cette société de m… qui ne pense qu’à consommer. Et pendant que l’icône fustige, blasphème et frappe, son chien ange gardien (Adrien Barazzone, en grande forme) se secoue, danse et jappe. Depuis vendredi, le 7e étage du Théâtre Saint-Gervais est en feu et ce débordement orchestré par Florence Minder et Julien Jaillot fait merveille.

Violencia Rivas n’existe pas pour de vrai. En 2009, l’humoriste Diego Capusotto et le scénariste Pedro Saborido ont créé de toutes pièces cette artiste remontée qui casse du bourgeois et prétend qu’à la fin des années 1960 elle était punk bien avant les «Sex qui se tordent, les Cloches et les Danone», clin d’œil potache aux Sex Pistols, Clash et Ramones. Le personnage incarné par Diego Capusotto plaît tellement qu’il est devenu, en Argentine et plus loin, une icône de la contestation drôle et trash.