Un point, c’est tout

La virgule, c’est un placement capital pour les correcteurs

Ceux qui chassent la coquille et les errements syntaxiques ou orthographiques au «Temps» sont aussi des ponctueurs de haut vol. L’esprit et la lettre d’une pratique indispensable

Une virgule mal placée et c’est un monde qui bascule. «Le Temps» raconte la saga de ces signes qui déchaînent les passions, du point-virgule au smiley, des points de suspension céliniens aux parenthèses proustiennes.

Episodes précédents:

Ça les prend parfois, sur le coup de 20h15, raconte Anne Moginier, l’une des correctrices du Temps. L’éditorial a été relu, comme chaque soir, par deux maîtres de l’orthographe, de la syntaxe et de la ponctuation. Sur l’essentiel, ils tombent d’accord. Sauf pour cette virgule ou pour ce point-virgule ou pour ce tiret. S’ensuit une controverse à laquelle les grandes disputes théologiques du XVIe n’ont rien à envier. L’âme du texte s’y joue, que diable!

Par chance pour vous, lecteur, pour le chef d’édition aussi, qui, tel le timonier, veille au départ des pages vers l’imprimerie, la dispute est brève. Peccadille? Le détail est le luxe de l’intelligence. Le privilège de l’écrit.