La TSR a entamé ce vendredi soir la diffusion de Rizzoli & Isles, série au drôle de nom – c’est le titre original, un air de Starsky et Hutch au féminin? –, qui repose sur deux personnages déterminés. Une inspectrice et une légiste de ­Boston. Deux femmes, donc, ce qui complète à merveille ce Samedi Culturel thématique.

Et ce qui amène à prendre la mesure des figures féminines dans la fiction TV actuelle. Tout compte fait, l’ampleur de cette présence étonne. Prenons cette semaine écoulée, bien ordinaire, et tenons-nous aux seules chaînes à large diffusion, dans leurs cases de fin de journée ou du soir.

Samedi: les ados tentées par le vampirisme de Vampire Diaries; ou, pour camper leur maman, Jules, la quadra hormonale de Cougar Town.

Dimanche: les déesses des bureaux de Mad Men, étourdissantes sculptures années 1960, pourtant en libération croissante.

Lundi: Grace, la belle perdition de Saving Grace, modèle de lutte contre ses fantômes et néanmoins personnage puissant; ou Lily, l’enquêteuse obstinée de Cold Case, personnalité tempérée mais grandie par cette obsession de faire parler le passé pour mieux le clore; ou encore, Joséphine, ange gardien (on a les héroïnes que l’on veut, hein).

Mardi: l’apparemment délurée Clémentine de Clem (même remarque).

Mercredi: le dilemme amoureux en milieu professionnel incarné par Meredith et ses amies dans Grey’s Anatomy; ou Echo, la poupée ambiguë de Dollhouse.

Jeudi: le destin d’Alicia, humiliée par son mari, puis tenue de prouver sa valeur marchande dans le milieu de la justice dans The Good Wife.

Vendredi: les sœurs terribles de T’es pas la seule! (une fiction, au demeurant, féminine de l’écriture à la production); ou, précisément, le tandem de Boston; puis, pour finir en beauté, Brenda, l’investigatrice boulimique et revêche de The Closer (L.A. Enquêtes prioritaires), un superbe rôle, tout en ténacité face au monde entier, et à soi-même.

Ceci, sans parler des pitreries de Catherine, Québécoise agitée tous les jours sur TV5 Monde, et des créatures qui apitoyées, qui manipulatrices, des soap operas quotidiens. Voire des forts seconds rôles, de femmes, présents dans les Experts et autres NCIS. Au final, une galerie étonnante, par la diversité des féminités qui s’y trouvent rassemblées. Il s’est bien produit, ces dernières années dans la fiction TV, une évolution dont on peut prendre conscience. Des feuilletons, désormais, à visages féminins.