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Au Globe Theater, Barack Obama a pu assister à quelques lignes de Hamlet.
© Carolyn Kaster

Brexit

La visite de Barack Obama à Londres résumée en dix pièces de Shakespeare

L'intervention du président américain dans la campagne sur le Brexit a déclenché critiques et applaudissements au Royaume-Uni, 2 mois avant le vote. To be or not to be dans l'Union?

La «relation spéciale» dont s'est toujours prévalu le Royaume-Uni avec son grand frère américain peut-elle justifier que le président Obama se soit emparé de La question qui agite les Britanniques depuis plusieurs mois, en donnant son avis? La visite de trois jours à Londres de l'Américain a provoqué une nouvelle vague de «soul searching», et a peut-être redistribué une partie des cartes. Démonstration, en 10 exemples tirés de Shakespeare - dont on fête ce week-end le 400e anniversaire de la mort.

1- «To be or not to be» dans l'Europe?

La cause est entendue pour le président Obama: «En tant que votre ami, laissez-moi vous dire que l'Union européenne grandit encore le Royaume-Uni» a-t-il écrit dans sa tribune. Fermez le ban.

2- Comme il vous plaira

Obama le reconnaît volontiers: c'est aux Britanniques de décider. Mais en tant qu'ami, il leur conseille de continuer à faire entendre leur voix forte à l'intérieur de l'Europe. C'est aussi écrit dans sa tribune.

3- La tempête

C'est celle qui a dû passer dans le crâne de Boris Johnson, le maire de Londres, farouche défenseur du Brexit. Quelle mouche l'a donc piqué pour qu'il aille évoquer, dans une tribune lui aussi, les origines «ancestrales, partiellement kényanes» du président américain, pour l'accuser d'avoir à son arrivée à la Maison Blanche retiré un buste de Churchill? Comment faire confiance à un président aux origines ancestrales partiellement kényanes, suggère-t-il... En plus l'histoire est fausse - c'est George Bush qui a fait retirer la statue. Downing Street a vite recadré Boris Johnson vendredi après-midi.

4- La comédie des erreurs

Encore un qui colporte cette méchante affaire de buste churchillien: Nigel Farrage, le leader de l'anti-européen et populiste Ukip. «Obama n'aime pas beaucoup les Britanniques. Son grand-père a grandi au Kenya, une ancienne colonie britannique. Ca lui reste en travers de la gorge». Non, finalement, pas comédie du tout.

5- Peine d'amour perdue

Non, l'histoire d'amour américano-britannique n'est plus d'actualité. «L'anglosphère appartient au passé», reconnaît le Guardian dans un long éditorial affirmant que «l'intervention d'Obama était ce qui manquait pour faire éclater au grand jour que le Brexit relevait purement et simplement du fantasme». 

6- La mégère apprivoisée

«L'Amérique aime que Londres soit déjà mariée, lit-on, toujours dans l'éditorial du Guardian, le ménage à trois marche bien. Ne vous hâtez pas de divorcer car nous ne vous attendons pas les bras ouverts»

7 - Les joyeuses commères de Windsor

Alors que la Reine a été soupçonnée d'avoir fait part de son engagement pour le maintien dans l'Union européenne - des soupçons qui ont été vigoureusement démentis - il est sûr qu'on aimerait bien savoir ce que se sont dit couple présidentiel et couple royal.

8- Le marchand de Venise

Obama a aussi parlé commerce pendant son séjour à Londres, et il en reparlera demain en Allemagne. «Certains pensent peut-être qu'il y aura un accord de libre échange USA/Royaume-Uni mais cela n'arrivera pas de sitôt (...) Le Royaume-Uni sera en queue de peloton» a -t-il menacé pendant sa conférence de presse en compagnie du premier ministre David Cameron (à noter que le mot utilisé a bien sûr été celui de «queue» et non de «line», Queens' English oblige).

9- Beaucoup de bruit pour rien

C'est ce que pensent de la visite américaine les partisans du Brexit: Obama n'est qu'un «lame duck», un canard boiteux qui ne sera de toute façon plus là en 2017. «Les Britanniques ne se laisseront pas menacer par un canard boiteux» a ainsi protesté le ministre de la Justice Dominic Raab.

10- Tout est bien qui finit bien

C'est ce que voulait croire Barack Obama en discutant avec 500 jeunes ce samedi matin à Londres, ils ont les moyens de faire changer les choses. Réponse le 23 juin. Selon le Financial Times qui traque tous les chiffres en temps réel, les derniers sondages font état de 44% des Britanniques pour le maintien dans l'Union et d'à peine moins, 42%, en faveur du départ.

Une histoire pleine de bruit et de fureur, décidément.

A lire, plus sérieusement:

Obama se lance dans la bataille du Brexit

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