Le Vitromusée de Romont accusé

Recel Deux pièces volées dans les années 1980 sont en cause

Le Musée belge du Cinquantenaire a déposé une plainte pour recel contre le directeur du Vitromusée de Romont auprès du Tribunal cantonal de Fribourg. Elle concerne deux pièces volées dans les années 1980, révèle le quotidien belge De Standaard. La première, sur la fuite en Egypte, mesure 35 cm sur 30. La seconde représente sainte Anne, la Vierge et Jésus.

C’est en 2004 que Le Cinquantenaire a appris que les deux œuvres à l’origine douteuse étaient exposées à Romont. Le musée belge avait demandé leur restitution. A l’époque, un arrangement tacite avait alors été ébauché, incluant un prêt temporaire.

Huit ans de silence

Le dernier contact entre les deux institutions remonterait à 2012, selon Valérie Montens, conservatrice aux Musées royaux d’art et d’histoire, à l’origine de la plainte. Elle justifie l’action en justice par une absence de concrétisation du dossier et par un revirement de considérations de la part du Vitromusée: «Ils reconnaissent que ces pièces étaient la propriété de l’Etat belge. Je pense qu’une institution scientifique ne peut pas accepter de pièces de provenance douteuse.»

Stefan Trümpler, directeur du Vitromusée, rappelle que Le Cinquantenaire a «entretenu un long silence de huit ans» à la suite des premiers contacts pris entre les institutions. «Cette plainte vise à reprendre les discussions.» Il se refuse à commenter les négociations en cours.

Patrimoine belge

Valérie Montens rappelle dans le quotidien belge De Standaard que les œuvres en question ont été publiées dès 1945 par un conservateur de leurs musées, et justifie l’attachement au patrimoine du pays. «Elles font partie de la collection du musée depuis des années. L’une d’elles a été achetée en 1865, la seconde fait partie du legs d’un collectionneur en 1911.»