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Viva Arsenio!, par Arsenio Rodriguez

Né en 1911, à Guira de Macurijes, descendant d’esclaves congolais, Arsenio Rodriguez pourrait être un patriarche de Garcia-Marquez. La vue détruite par un sabot de cheval, il intègre les congas dans son groupe, hommage tabou jusqu’ici à l’africanité des Caraïbes. Compositeur prolifique (plus de 200 chansons), ombre épique des cabarets havanais, Arsenio ne se contente pas de fomenter une modernité antillaise, il inspire aux Etats-Unis des types créatifs (Willie Colon en tête) qui fabriqueront à partir d’une latinité américanisée ce que les jeunes gens en chaussures de cuir continuent d’appeler la salsa. Lui n’utilisait pas ce mot, forcément. Il préférait chanter l’amour étuve sur des rythmes afro-cubains que de nommer le cyclone qui lui passait entre les doigts.

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