Comment vivre avec nos disparus? Voir de ses propres yeux et La Paix avec les morts tentent de répondre à cette question. Le premier est un roman qui tient de l’essai, il est l’œuvre d’une historienne de l’image, Hélène Giannecchini. Le second est un témoignage et un voyage, comme le sont tous les films et les livres de Rithy Panh.

Le cinéaste est né en 1964 à Phnom Penh, au Cambodge. Il avait 11 ans lors de la prise du pouvoir par les Khmers rouges. Une grande partie de sa famille est morte à la suite des privations endurées pendant la révolution. Réfugié en France, il ne cesse de chercher à comprendre les mécanismes de la terreur. Ses documentaires, en particulier S21, la machine de mort khmère rouge (2003) confrontent bourreaux et victimes dans un projet de connaissance et, peut-être, de réconciliation, mais celle-ci ne se décrète pas, ce n’est pas un projet, à peine un souhait. «Répéter. Prendre le temps de répéter. Ce n’est pas s’écarter mais approfondir la signification: trouver une forme. Rénover les mots.»