Elisa Shua Dusapin sait écrire sur l’infime du quotidien, le léger crépitement des jours, les échanges à bas bruit entre les êtres. Encore faut-il transmuter cette nappe sensorielle et émotive en matière romanesque. La jeune autrice y était parvenue avec brio dans Hiver à Sokcho, son premier roman, en 2016.

Dans l’atmosphère suspendue d’une station balnéaire coréenne à la morte-saison, une jeune femme travaillant dans un hôtel donnait les clés d’une chambre à un nouveau client, un Français. Dans les camaïeux de gris des mois d’hiver, sur les plages vides de tout baigneur et jusque dans les silences de circonstance, Elisa Shua Dusapin faisait courir des lignes de haute tension: peut-on dire que l’on vient de quelque part? Peut-on dire que l’on connaît quelqu’un? Comment aller vers l’autre? Plusieurs prix ont salué ce premier pas.