Le festival Volts & Visions, jusqu'au 2 février à Zurich, n'est pas pour les puristes du cinéma mais pour ceux dont les sens attendent une dimension supplémentaire pour vibrer. Ainsi, le classique du muet Le Cuirassé Potemkine devient-il un «tapis émotionnel d'images», dont la projection entre dans la catégorie «mix along». La lutte des classes est relayée dans la salle par une bataille de DJ's. Le public donne ses préférences par SMS. Il est aussi convié à déguster Amarcord de Fellini, tout en grignotant «des choses délicieuses de chez Sprüngli»; à moins qu'il ne préfère revoir Grease, et reprendre les tubes, encouragés par un duo d'humoristes zurichois. Sommet de la «valeur sensuelle ajoutée», un tram, transformé en caméra obscure ambulante, offre un tour de ville de 20 minutes, faisant défiler sur un écran à l'intérieur du tram le paysage qui se déroule en sens inverse dans le dos des spectateurs. Volts & Visions («volts» comme clin d'oeil au sponsor principal, la Société d'électricité de la ville de Zurich) avait commencé par la projection de films en 3 D. «Des trois dimensions, nous avons passé aux cinq sens», précise Nani Khakshouri, l'une des trois responsables de l'organisation du festival. Le trio, fasciné par la perfection technique, retrouve pour la quatrième année un public fidèle et fourmille déjà d'idées nouvelles pour la cinquième édition.

Rens. www.voltsandvisions.ch