Classique

Voyage interplanétaire à l’OSR

Deux ciné-concerts, dévolus aux «Planètes» de Gustav Holst, donneront l’occasion de découvrir un film de Duncan Copp, réalisé en lien avec la NASA. Un joli mariage entre espace et notes

Envie d’une aventure spatiale? Vous n’aurez pas besoin de réserver un vol sur Mars dans vingt ans. L’OSR vous invite jeudi et samedi à bord de son vaisseau pour une virée dans la galaxie musicale. Avec, cerise sur le gâteau, une réalisation du cinéaste et astrophysicien Duncan Copp, qui a conçu un film en collaboration étroite avec la NASA et le Jet Propulsion Laboratory.

De quoi parle-t-on? On pourrait dire d’un ciné-concert comme il s’en fait de plus en plus. Sauf que celui-là n’a rien à voir avec l’interprétation live d’une simple musique de film pendant la projection du long métrage sur grand écran. Il s’agit ici d’une véritable création cinématographique à partir d’un support documentaire très scientifique. Et d’une grande partition classique très réputée, qui vit le jour au début du XXe siècle, donnée de façon traditionnelle sur scène sans impératif illustratif ou temporel trop tyrannique.

Triomphe populaire incessant

Il fallait un projet d’envergure pour accompagner les monumentales Planètes de Gustav Holst. La suite pour orchestre, créée en 1918 après plus de quatre ans de gestation, connut un triomphe populaire incessant. Nourrie aux influences marquantes de Stravinski, Moussorgski ou Elgar, cette œuvre découpée en sept tableaux s’appuie sur les noms des planètes répertoriées alors.

Chacun des mouvements se voit défini par une description spécifique, dont le compositeur se défend qu’elle réponde à de la «musique à programme», comme ses aînés Vivaldi, Beethoven ou Strauss notamment ont pu le faire. Ces astres rêvés investiront à deux reprises le Victoria Hall. Le samedi à 11h, le projet The Planets – an HD Odyssey figurera seul sur l’affiche, pour un concert en famille qui s’avère déjà complet.

Une sacrée épopée

Mais le jeudi soir, la fête sera multipliée par quatre. Lors de la première partie de soirée, trois autres œuvres s’invitent en effet au programme. Et non des moindres: jugez plutôt. Also Sprach Zarathustra de Richard Strauss ouvrira les feux, avec en mémoire les images inoubliables de 2001, l’odyssée de l’espace de Stanley Kubrick. Puis Jabba the Hutt pour tuba et orchestre, extrait de Star Wars: Le Retour du Jedi de John Williams, fermera la marche. Entre ces deux piliers de la musique cinématographique se faufilera Ciel d’hiver, arrangement du deuxième mouvement d’Orion de la compositrice finlandaise Kaija Saariaho, réalisé en 2013.

Sacrée épopée que ce concert! Et une forme de défi pour les jeunes musiciens de l’Orchestre de la HEM qui se joindront aux solistes de l’OSR, ainsi que pour la quarantaine de chanteurs entre 5 et 16 ans de la Maîtrise du Conservatoire populaire, menés par Magali Dami et Fruzsina Szuromi.

Qui pour diriger tout ce monde dans ce périple cosmique? Le jeune chef britannique Rory Macdonald, rompu au répertoire contemporain et aux chemins de traverse musicaux comme aux voies royales du grand répertoire. Une découverte à suivre les oreilles et les yeux grands ouverts.


Victoria Hall, jeudi 14 novembre à 20h et samedi 16 à 11h. Renseignements au 022 807 00 00 ou sur le site de l'OSR

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