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Daniel Harding entretient un lien passionnel avec Mahler.
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Classique

Le «Wiener» à Genève: musique en fête

L’orchestre symphonique de Vienne dirigé par Daniel Harding a soulevé un Victoria Hall ivre de sons

Au top five des grands orchestres du monde, deux se partagent la première place. Certains ne jurent que par Berlin, d’autres vénèrent Vienne. Tous s’entendent sur le niveau supérieur de chaque phalange. Des deux formations symphoniques qui tiennent le haut du pavé classique, c’est la seconde qui a clôturé jeudi soir la saison de Caecilia. Comme l’avait fait l’an passé sa collègue allemande. C’est dire si Genève s’inscrit, grâce à ces propositions d’exception, dans le lot des capitales musicales.

Cette fois donc, le Wiener Philharmoniker a étourdi le public du Victoria Hall dans un programme simple, mais consistant et spectaculaire. C’est initialement Zubin Mehta qui devait diriger les Autrichiens. Malheureusement malade, il a été remplacé par Daniel Harding, qu’on ne présente plus, lui non plus.

Œuvre dénonciatrice

La 1re Symphonie «Jeremiah» de Leonard Bernstein, dont on fête le centenaire cette année, a ouvert les feux dans la gravité, le tragique et la noirceur. Composée à l’âge de 26 ans, l’œuvre dénonciatrice enracine son discours dans les prédictions du prophète. Elle illustre la terreur et l’effondrement dans une profusion de stridences, de martèlements et d’unissons ravageurs.

Ce n’est pas la délicatesse de couleurs, l’équilibre sonore entre les pupitres ou la caractérisation narrative qui dominent dans l’interprétation empoignée à pleins bras par le Britannique. Et le Wiener, si immense soit-il, ne livre pas là sa subtilité la plus sensible. La partition ne s’y prête pas, malgré des passages plus élégiaques et attendris. Mais la mezzo-soprano Elisabeth Kulman densifie et illumine la partition, de sa voix chaude, franche, puissante et céleste. Sa prestation donne de l’âme, du feu et du cœur à cette Œuvre de jeunesse un rien binaire.

Puissance étourdissante

Quant à la 5e Symphonie de Mahler, seuls les vrais grands en dominent la longueur, le poids, les lenteurs et l’abondance de sentimentalité. Ensemble, Harding et Vienne soulèvent les montagnes. Des déferlements de décibels à la douceur caressante de l’Adagietto, la puissance étourdit et l’alanguissement apaise.

Plus de netteté dans les emportements et d’irisations dans les nuances n’auraient pas attristé. Mais l’incroyable tension des lignes, la rondeur de bois lustré des cordes, la profondeur de fond du monde des basses et le déploiement dynamique général, jusqu’aux déflagrations finales, laissent sans voix. Et les oreilles vibrantes.

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