Humour

Wiesel – Rollman – Kominek, tiercé suisse et gagnant au Montreux Comedy

Les deux premiers grands galas francophones du festival lémanique ont vu les régionaux de l’étape se distinguer

Osons un brin de chauvinisme: lors des deux premiers grands galas du 29e Montreux Comedy Festival, qui se termine lundi soir, les humoristes du cru n’ont pas fait de la figuration. Invité en clôture du gala d’ouverture – joué mercredi et jeudi derniers – pour se payer la tête de ceux qui l’avaient précédé, Thomas Wiesel a été royal en Monsieur Loyal de la vanne dégoulinante de mauvaise foi. C’est son terrain de prédilection, et il y excelle, entre autodérision et exagération des petits travers de ses camardes de jeu. Exagération? Pas toujours…

A lire: Claudia Tagbo, un rire bienveillant contre les préjugés

Lorsqu’il relève par exemple que Raphaël Mezrahi ne semblait pas savoir ce qu’il était venu faire dans ce gala inaugural animé par une Claudia Tagbo débordant d’énergie à défaut d’avoir fait hurler de rire la salle, impossible de nier que nous aussi, on se demandait ce que le Français – jadis révélé par ses vraies fausses interviews où il jouait au journaliste benêt face à des célébrités – faisait là, tant il n’a littéralement rien fait. A l’image dans le fond d’une soirée hésitante, sans vrai fil rouge, mal amorcée, mais qui a su ménager un joli crescendo avec dans la dernière partie la venue du décalé Bun Hay Mean et du survolté Rachid Badouri pour les deux meilleurs moments du gala – outre le baisser de rideau offert à Thomas Wiesel, donc.

Salsa et cocaïne

Samedi, c’est à Marina Rollman et Roman Frayssinet qu’ont été laissées les clés de Crème, le deuxième des trois grands galas francophones du festival – gala triplé, une première. Un duo joliment équilibré, aux doux sarcasmes de la première répondant le débit de mitraillette du second. Lors de son passage sur scène en solo, la Romande s’est lancée dans une excellente tirade autour du classique «les Français sont nos meilleurs ennemis», tout en précisant qu’elle est au bénéfice d’une double nationalité franco-suisse. Efficacité garantie. Avant elle, Alexandre Kominek, découvert à ses côtés au sein du collectif Carac Attack, s’est, quant à lui, mis dans la peau d’un acheteur de cocaïne amateur de musique latino dans un sketch à l’excellent timing comique, prouvant au passage qu’il était très bon comédien.

Si, globalement, Crème fut plus réussi que le gala d’ouverture, c’est parce que le dosage entre les inévitables – et il faut bien le dire lassant – numéros basés sur un humour de fond de slip, où souvent une approche trash n’arrive guère à masquer une inspiration défaillante, et des sketchs ayant le mérite de provoquer une réflexion, fut bon. La Québécoise Virginie Fortin, notamment, a fait fort en se glissant dans la peau d’une «féminazie», histoire de montrer aux hommes qui jugent certaines positions féministes excessives ce que serait vraiment une féministe excessive.


29e Montreux Comedy Festival, jusqu’au 3 décembre.

Publicité