Sous l'Ancien Régime, en France, les titulaires de responsabilités publiques n'étaient pas des fonctionnaires: ils devaient acheter leur charge et pouvaient souvent, moyennant finance, la transmettre à leurs héritiers. C'est ce qu'on appelait la «vénalité des offices». Ce système fait l'objet d'une excellente mise au point de l'historien anglais William Doyle. C'était surtout, pour la monarchie, un moyen de financer les dépenses publiques, et plus particulièrement celles qu'entraînaient les guerres. Il eut pour effet de constituer, dans la justice, de véritables dynasties de magistrats. L'institution disparut avec la Révolution, mais elle a laissé des traces, notamment l'organisation actuelle du notariat. La suppression récente du monopole des commissaires-priseurs traduit peut-être la volonté d'en finir avec les dernières séquelles de l'Ancien Régime. William Doyle se demande toutefois si la mise aux enchères de droits relatifs aux télécommunications n'est pas une façon, pour les Etats, de renouer avec ce moyen commode de renflouer les caisses publiques.