Avant sa grande conférence de presse du 15 juillet, le Festival international du film de Locarno n’en finit pas de saupoudrer les informations en primeur. Après l’annonce de la rétrospective (Manga Impact, consacrée à l’animation japonaise), de l’Excellence Award (à l’acteur italien Toni Servillo) ou encore du film qui ouvrira les feux le 5 août, Frédéric Maire et son équipe ont révélé jeudi que le Léopard d’honneur sera remis à William Friedkin, sur la Piazza Grande.

Outre la projection de son film Police Fédérale Los Angeles (To Live and Die in L.A., 1985), l’un des deux ou trois meilleurs polars des années 1980, le réalisateur américain se prêtera au jeu de la masterclass ouverte au public. Et ce moment promet d’être explosif. D’abord parce que William Friedkin, né en 1935, est l’auteur oscarisé de French Connection (1971), ainsi que de L’Exorciste (1973). Ensuite parce que, même si sa carrière est ensuite partie en vrille tout en gardant parfois du muscle (Sorcerer en 1977, Cruising en 1981 ou encore Rampage en 1988), l’homme, échoué dans les affres du cinéma indépendant, semble s’être réveillé ces dernières années. Pour preuve, The Hunted (2003) et surtout Bug (2006), deux inédits dans les salles suisses qui sont devenus des essentiels en DVD.

La rencontre avec William Friedkin promet aussi de faire des étincelles par le fait que ce cinéaste et metteur en scène d’opéra rugueux (il prépare La Fanciulla del West de Puccini pour l’Opéra de Paris) n’a pas sa langue dans sa poche. Lointainement lié à l’Europe notamment à travers son bref mariage avec Jeanne Moreau à la fin des années 70, il a tendance à se voir comme le prince sombre qui a révolutionné le cinéma américain des années 1970. Et il sera sans doute goûteux de l’entendre commenter, avec l’obséquiosité qui est sienne, le travail de ses petits camarades Spielberg, Coppola ou Scorsese.

62e Festival international du film de Locarno, du 5 au 15 août.