William Shakespeare

Comédies

Edition bilingue

Laffont, coll. Bouquins,

2 vol. en coffret, 870 p. et 810 p.

Avec les deux tomes des Comédies, la collection Bouquins aborde l'avant-dernière partie des Œuvres complètes de Shakespeare. Les Tragédies (deux volumes) ont été publiées en 1995 et les Histoires (deux volumes) en 1997. Les deux derniers tomes devraient paraître à l'automne 2002. Après la disparition de Michel Grivelet, Gilles Montsarrat est l'unique maître d'œuvre de cette vaste opération. Il expose la démarche de son équipe.

A qui destinez-vous cette édition?

Gilles Montsarrat: Au grand public cultivé et angliciste. Nous avons voulu des traductions qui puissent se lire par elles-mêmes, tout en demeurant aussi fidèles que possible au texte anglais du point de vue du sens. Quand nous sommes obligés de nous en écarter, ce qui arrive avec des rimes contraignantes, notamment lorsqu'il s'agit de vers courts, nous avons souvent opté pour une traduction qui s'éloigne du sens, mais respecte la rime, tout en mettant en notes un mot à mot qui permette de suivre le texte anglais de plus près.

Vous avez mobilisé huit traducteurs différents pour les onze comédies. Quelles directives leur avez-vous données?

Nous avons un protocole extrêmement détaillé sur ce qu'il convient de faire. J'insiste sur la coordination des traductions. Ce n'est pas une série de traducteurs qui juxtaposent leurs vues. Nous avons des relectures réciproques très complètes. Cette volonté d'homogénéité n'en a pas moins cherché à préserver les différences qui sont celles de Shakespeare.

Avez-vous pris en compte la dimension scénique?

Nous avons privilégié la lisibilité. Les metteurs en scène anglais n'hésitent pas à modifier, à élaguer, à transposer les jeux de mots qui ne peuvent être rendus. Nous avons choisi le parallélisme exact au texte anglais. Nous avons eu un souci de fidélité qu'on peut ne pas avoir quand on prépare un texte pour la scène.

Que faites-vous des variantes?

Nous en avons fait une sélection que nous mettons en bas de page, avec les notes. Nos notes sont moins nombreuses que dans l'édition anglaise parce que celle-ci doit expliquer de nombreux termes inconnus du lecteur moderne. La traduction en fait l'économie. Paradoxalement, le lecteur français accède ainsi plus directement à Shakespeare que le lecteur anglais.

Propos recueillis par Jean-Louis Perrier